Chronologie de la colonisation par la flore d’un milieu nouveau

L’Islande est un morceau émergé de la dorsale Atlantique, caractérisé par son intense activité : le volcanisme y est permanent, et responsable de nombreux épanchements de lave. En refroidissant, ces nouvelles coulées constituent des milieux vierges de toute flore et faune, et vont alors être colonisées progressivement par différentes espèces, dans un ordre chronologique précis.

En même temps que se déroulent les processus d’érosion classiques décrits ci-dessus, différentes espèces de végétaux vont successivement s’installer. En effet, cette colonisation par le végétal est très dépendante de la nature du sol, et ainsi du travail de l’érosion. Les  premières plantes à coloniser ces milieux vierges, et à priori stériles, sont les lichens, dont le fameux lichen blanc qui nourrit les rennes, puis arrivent ensuite différentes variétés de mousses, ces deux types de végétation ne nécessitant aucun sol profond pour s’installer, mais seulement un substrat rocheux, érodé ou non. Lichens et mousses colonisent tels des pionniers ces milieux stériles. En se décomposant, ces deux grandes familles vont produire une fine couche d’humus, puis de terre meuble, qui deviendra alors à son tour un substrat pour des espèces plus évoluées, les plantes vasculaires, souvent de petits végétaux très spécialisés dont la taille ne dépasse pas la dizaine de centimètres.

Le temps faisant son œuvre, le sol meuble s’épaissit, et de nouvelles plantes vasculaires sont alors capables de s’installer, dont les graines sont apportées par le vent, ou des animaux tels que les oiseaux. Simultanément à l’établissement de cette flore, une faune apparaît et se développe, participant activement à l’élaboration et à la complexification de la flore. En quelques dizaine d’années, un milieu stérile, tel qu’une ancienne coulée de lave, dénué de toute vie a ainsi pu être colonisé par toute une flore et une faune.