Eté 2006 – Du lundi 7 août au mardi 22 août

Vous trouverez ici notre journal de bord, conscienceusement rédigé par Alex, annoté par les 3 autres. On a essayé d’y retranscrire le plus fidèlement possible nos impressions et l’atmosphère qui règnait pendant le voyage, avec aussi de nombreuses anecdotes, et chaque galère qui nous est arrivée. Et il y en a eu un certain nombre, c’est ce qui fait le charme du voyage.

Etant donné la longueur des bavardages écrits ci-dessous, voici quelques raccourcis pour aller directement au passage où vous vous étiez arrêtés. Ainsi, aucune excuse pour ne pas tout lire! Vous trouverez un lien vers les photos de la journée dans notre album en cliquant sur l’appareil photo.s

Paris le 7 août, au 17 rue Théodore de Banville, c’est le grand départ tant attendu , pensé il y a deux ans,  en préparation depuis près d’un an…
Il est 8h45 Edouard et moi attendons Nico, parti chercher à Luxembourg la carte européenne de santé* qui serait finalement prête (il ne faut donc jamais désespérer avec l’administration !!!) … donc gros contre temps de dernière minute.
En attendant, c’est la course contre la montre pour que d’une part toutes les sacoches soient bouclées, pesées et bien sanglées et d’autre part que les VTT soient bien encartonnés (quel sacré patchwork de cartons…qui devraiT, j’espère, tenir le coup jusqu’à Keflavik !).

10 h, premier convoie en direction de l’arrêt Roissy Bus, 1 avenue Carnot dans le 17ème arrondissement. Sans rentrer dans les détails ce fut hard, entre les sacs bourrés et les vélos handicapés, à cela il faut ajouter les joies de la canicule… bref Ed et moi faisons le 1er tour, je reste alors sur place pour garder les affaires tandis qu’Ed repart pour un tour (le deuxième et dernier) avec Nico.

On prend finalement le bus de 11 h 45, ce qui sera un peu juste pour attraper l’avion…problème : le chauffeur n’accepte que les espèces ou les chèques, nous qui tendions fièrement note carte bancaire, ce fut la panique à bord puisque nous n’avions plus assez de temps pour atteindre un distributeur (le plus proche était à plus de 10 minutes et le bus partait dans les 5 minutes) et de surcroît tous les bagages étaient déjà installés en soute… et là c’est la bonne montée d’adrénaline !! Une petite voix tout à coup se manifeste : « heureusement que j’avais oublié mon carnet de chèques dans mon camelback ! »
Ouf !! …on peut donc partir !
C’est le début des dettes … dès le 1er jour, ça commence bien !!
Arrivée prévue à l’aéroport : 12h06
C’est une arrivée remarquée, surtout dans les ascenseurs et oui comme toujours (surtout en plein mois d’août)  cDG est bondé. Cela se complique quand, aux bagages habituels, se rajoutent 3 vélos. Après avoir sévèrement comprimé un monsieur grisonnant et ventru (qui par la force des choses a maigri brutalement), on tasse tout notre barda dans l’ascenseur et ceci grâce à l’aide précieuse et bienveillante du personnel de l’aéroport…3 vélos en bagage ça sort de l’ordinaire, du coup on trouve plus facilement de l’aide.

L’enregistrement9
Pas évident avec tout notre barda, pour passer inaperçu c’est raté !!…une invasion solognote en profite donc pour nous alpaguer.
On arrive enfin (après une heure d’attente) devant une bien agréable hôtesse qui nous enregistre…heu ! je veux parler des bagages bien sûr, pour le reste on verra plus tard !!
A propos des bagages, j’ai réalisé trop tard que j’avais oublié la bombonne de biseptine dans une des sacoches, j’espère qu’elle n’explosera pas en soute…suspens !

Du côté des VTT, on s’inquiète puisque les deux bagagistes « spécial format encombrant » qui les ont récupéré, nous ont semblé moyennement recommandables, on espère donc qu’ils sont bien dans la soute. D’autant plus qu’après coup, ils nous a semblé que ces deux bagagistes n’avaient ni badge, ni uniforme : panique à bord !!! à nouveau un suspens qui durera jusqu’à Keflavik.
Il nous faut à présent payer la taxe pour les vélos, pour cela nous nous rendons au guichet SAS ; et une fois payé on revient au guichet d’enregistrement initial où l’on nous remet (en échange du justificatif de paiement du SAS) les cartes d’embarquement.

Ça y est, on arrive enfin à la porte d’embarquement n°7, dans le satellite 7. Au moment du passage de la sécurité, Ed se fait fouiller en raison d’un multi clés qu’il avait oublié dans le fin fond de son sac, mais grâce au charme d’Ed, la douanière a cédé (ce qui est très rare, surtout depuis les derniers évènements). La douanière : « vous avez quelque chose qui ressemble à un éventail plié, mais que les femmes n’utilisent pas. » C’est une devinette ? Non non ce n’est pas un couteau suisse…
Nous voilà enfin dans l’avion avec le fameux outil. Au moment où enfin tout le monde est installé et donc prêt au départ, un inquiétant orage se déchaîne subitement sur l’aéroport, ce qui occasionne une heure de retard. Pauvre Abdel, il va devoir nous attendre encore un peu plus !!

On décolle enfin et rapidement on nous sert à déjeuner, enfin si l’on peut dire, puisque le menu se compose d’une petite gamelle de bouillie composée de riz, de petits poix et de quelque rares autres petits légumes perdus dans ce mélange blanchâtre et sans goût, et qui vous l’aurez compris est bien loin de remplir un estomac de cycliste !! (Même au repos !!)
Ce plat principal est agrémenté d’un morceau de pain avec du beurre et en guise de dessert, une barre chocolatée (Twix pour ne pas nommer la marque).

Arrivée à Keflavik 
Après avoir retrouvé notre Abdel, qui était arrivé 24 heures plus tôt, nous procédons au remontage, dans le hall de l’aéroport, de nos valeureux destriers. L’ambiance y est sympathique et l’excitation est à son comble.

Avant de se jeter dans notre aventure, il faut s’occuper de ranger nos cartons, afin de les retrouver au moment de notre retour. C’est alors qu’Abdel nous explique qu’il a pu faire un repérage la veille et qu’il existe un camping (le camping ALEX) pas très loin de l’aéroport, environ à trois kilomètres, où il est possible d’entreposer nos cartons pendants deux semaines, moyennant le paiement d’avance de la nuit au camping. On organise alors deux équipes, une qui grâce à l’aide d’un taxi s’occupe de faire convoyer les cartons et l’autre qui surveille les affaires.
12Une fois les équipes réunies, nous faisons du change à un distributeur, puis direction l’arrêt de bus pour récupérer la navette qui fait la liaison avec Reykjavik, la capitale. Le coût du trajet : 2200 ISK ce qui revient à environ 25 euros. Et oui la vie en Islande est très cher, on n’a pas fini de s’en rendre compte malheureusement !!

Ajoutons à cela un chauffeur de bus aussi aimable qu’une porte de prison, ce qui ne gâche rien en ces instants de prise de contact avec un nouveau pays.
Au premier arrêt, Ed descend et lui demande en anglais s’il s’agit bien de l’arrêt du camping, le chauffeur lui rétorque sur un ton aussi froid que son pays : « in the bus ! ».

Arrivée à Reykjavik 
Il est bientôt 11 heures du soir et nous arrivons enfin au camping, accueilli par une pluie bien froide et pénétrante…bienvenue en Islande chers amis !!!
Tout s’enchaîne très vite, Nico et Ed se chargent de dégoter une bonbonne de camping gaz (à noter : dans tous les campings, en général, il existe un endroit réservé au dépôt de matériel et de nourriture non terminés et toujours consommables, par exemple le gaz !). D’ailleurs, ils finissent par en rapporter une qui est bien entamée. Le camping n’en vend pas de neuve.
De notre côté Abdel et moi montons les tentes le plus vite possible afin de pouvoir mettre les affaires à l’abri.
Il est presque minuit et il faut se lever demain matin très tôt, vers 5 heures et demie pour prendre le premier bus qui traverse toute l’île par le centre et nous déposera pratiquement à la hauteur du cercle polaire.
xOn tombe de sommeil, chacun mange une ration de fruits secs et rapidement on s’endorme bercés par le ruissellement de la pluie sur les toiles de tente. Tout à coup, en pleine nuit le portable d’Abdel se met à sonner le réveil dans une ambiance de discothèque, ça y est me dis-je, il est déjà l’heure, je me sens pourtant las, mais après un gros effort, je parviens à me réveiller. Je remarque qu’Abdel ne réagit pas au signal, je lui parle et il finit par réaliser la situation. Il s’enquiert donc de son portable et réalise qu’il n’est que deux heures du matin…nous remettons alors les pendules à l’heure et nous nous recouchons. Une heure plus tard, le même phénomène se reproduit ! Fort de l’expérience précédente j’y prête moins d’importance et Abdel maîtrise rapidement le problème. L’incident se reproduit encore deux ou trois fois de manière aléatoire, lassé, vers 5h30, je me lève définitivement et m’extrait de la tente infernale et prend la direction des douches…quel délice, quand on arrive à faire abstraction de cette forte odeur de souffre. A noter également, qu’il faut prendre garde au robinet d’eau chaude, en effet, il s’agit de l’Islande et de sa fameuse géothermie, c’est-à-dire que l’eau chaude sort naturellement du robinet à une température avoisinant les 80 à 100°c, vous pouvez donc aisément imaginer que mon réveil s’est poursuivi toujours dans cette même série de découvertes saisissantes !!… je pense que je pourrai me passer facilement de manger des œufs pendant ce séjour !

7H, Tout le monde est maintenant levé, luttant contre les désagréments de l’humidité ambiante, mais la bonne humeur demeure. Nous prenons un petit déjeuné qui en n’a que le nom, puisque le temps presse déjà et que nous avons juste le temps de plier les tentes, de payer : 800 ISK par personne (et acheter des cartes postales : 60 ISK chacune et des timbres : 75 ISK le timbre). Avant de quitter, nous tentons d’acheter du gaz (c’est la mission gaz !! et oui sans lui on mange froid pendant 15 jours…), mais c’est impossible à ce stade d’en trouver, puisque selon les gérants du camping :  « les personnes en charge des commandes des modèles CV 260/470 (c’est le seul modèle compatible avec notre appareil), ont oublié de passer la commande, dès lors cela repousse la prochaine livraison à pas avant 5 semaines »…Aaaaaaaah !!!…  « mais vous avez toutes les chances d’en trouver sur la route de Varmahlid »…Aah bon !!??
Nous nous précipitons au lieu de départ de la navette qui est déjà sur le point de partir…il va falloir négocier pour qu’il accepte de prendre nos vélos en soute. Ouf, il accepte et de surcroît c’est gratuit pour eux !!
La navette nous amène donc à la gare centrale des bus de Reykjavik, qui se nomme le terminus BSI de Reykjavik, c’est ici où l’on peut rallier les principales destinations qu’offre l’île. En ce qui nous concerne, nous prendrons un bus 4*4, qui, pendant 9 heures, nous conduira à Varmahlid, c’est-à-dire le point de départ de notre aventure.
Le départ est donc prévu pour 8h30, nous avons déjà notre billet (acheté par Internet la semaine précédente), sauf Abdel qui doit se le procurer sur place. Cela revient à 5500 ISK par personne et 800 ISK de supplément par vélo.

Nous voilà donc parti à travers ce paysage qui commence seulement à se dévoiler, avec un brouillard, tel une couette immaculée qui se lève péniblement. On commence alors seulement à découvrir où nous sommes, c’est-à-dire sur une île bien pudique !! Une fois sortis de la ville, on découvre un paysage sublime, d’un vert tendre et généreux (normal avec tout ce qui tombe), avec des plaines à perte de vue et subitement des montagnes aussi vertes que le reste qui sont comme posées là par hasard, c’est ce qui donne, entre autres, cette fameuse originalité.
Assez rarement, on peut observer quelques arbres qui arrivent à émerger malgré ce vent puissant qui ne cesse de balayer à toute allure la surface. On peut constater parmi eux une dominante de résineux, mais aussi des boulots.

Arrêt à Geysir pendant 25 minutes, il ne pleut plus, il fait 10°c, c’est assez lumineux malgré la grosse couche nuageuse qui masque le soleil.
Nous nous jetons sur le magasin souvenir, pour accomplir notre mission gaz…plus rien ! par contre si on veut se rapporter le fameux pull islandais, il y a le choix (si on aime les motifs façon fraise post Renaissance !!), il faudra débourser 16700 ISK, ce qui entamerait cruellement le budget Cyclomonde !!!
On découvre un véritable « nid » de sources chaudes (entre 80 et 100°c) et les fameux geysers, c’est époustouflant.

Arrêt à Gulfoss : c’est un site superbe avec cette chute d’eau monumentale…et pendant ce temps là il ne pleut pas !!

fLa route se poursuit sur une piste de plus en plus abîmée, avec des nids de poule tous les mètres…c’est l’angoisse qui monte à propos des vélos qui occupent la partie arrière des soutes. On se demande dans quel état nous allons retrouver nos montures…
Tout à coup le chauffeur effectue un dépassement qui me parait très risqué, surtout pour le véhicule dépassé. Bref on passe, mais le chauffeur et son co-pilote (son fils) rapidement ralentissent et s’arrêtent après avoir remarqué dans le rétroviseur que le camion a décroché de la route et s’est retourné dans le fossé. Ce sont des touristes allemands, nous faisons machine arrière et nos chauffeurs descendent porter main forte (aide morale et appel des secours), il n’y a pas de blessé.

On arrive à Varmahlid vers 17h, sans gaz. Et pourtant le chauffeur qui connaissait notre problème avait fait quelques petits détours vers des stations services, mais en vain. Ce gaz est absolument introuvable, malgré l’optimisme du gérant du camping qui pensait à 99,9% que l’on en trouverait en chemin.
O malheur, ô désespoir, pitié pas le lyophilisé froid ! On remarque de loin le point information et une station service Esso, un maigre espoir revient subitement. Pour le moment il faut d’abord récupérer nos VTT et les remonter. Mauvaise surprise, en les récupérant on constate que des vis, suite aux vibrations du voyage, se sont dévissées et dispersées dans les soutes…cette randonnée risque de devenir pédestre…pendant cette odieuse constatation, la pluie recommence à tomber de plus belle.
Par chance on retrouve quelques vis, suffisamment pour procéder au remontage, ouf !
Abdel et moi rassemblons les affaires, tandis que Nico et Ed se dirigent déjà vers les bâtiments. Ils reviennent bredouille de chez Esso, mais ne s’avouant pas vaincu, ils vont au point information. Mr Jakob téléphone aux différentes stations services environnantes, mais en vain. Puis après réflexion, il nous certifie qu’à Soudarkrokhur, nous trouverons à coup sûr ce que nous cherchons.
Il est tard, on est fatigué, mais nous n’avons pas vraiment le choix et Nico et Ed se portent volontaire pour aller jusque la bas…la terre promise, en quelque sorte. Malgré un terrible vent de face, ils partent sans les sacoches et donc à toute allure, ils devraient revenir dans 2 heures.
De notre côté, Abdel et moi installons le bivouac près de Varmahlid, devant un magnifique paysage à perte de vue.
sAu bout seulement de ¾ d’heure, ils reviennent victorieux, brandissant une sorte de relique ressemblant à un système Primus.  C’est alors qu’ils nous racontent que Jakob les a rattrapé en voiture (une Peugeot, soit dit en passant pour faire plaisir à Nico !) et leur a donné l’appareil accompagné d’une bombonne de gaz compatible…notre sauveur !
…on a enfin du gaz, quelle satisfaction après ce suspens interminable !
On s’installe pour dîner, on met en route la popote, tout marche à merveille et c’est bon de manger chaud au calme, après 2 jours de voyage. La chance continue de nous sourire puisque même la pluie s’est arrêtée, je caresse alors le maigre espoir d’entrevoir le soleil au moins une fois pendant ce séjour, si Dieu veut, comme on dit.
Malgré la proximité de la route, la nuit est calme dans l’ensemble, si ce n’est ma crise de panique à 11h, après un premier sommeil qui pourtant se passait bien. Heureusement Abdel le remarque et on parle jusqu’à ce que je sois calmé…encore merci Abdel !

Très bonne nuit, au final. Nous nous dirigeons, après un bon petit déjeuner, vers la station service pour faire le plein d’eau et on en profite pour faire un brin de toilette (ce qui est un luxe !). J’en connais même qui en ont profité pour terminer les assiettes des clients…hein les bonnes frites, Nico !!…et d’autres qui ont pu envoyer un mail à la famille, merci Internet !!

On prend enfin le départ vers 12h30 vers notre aventure, avec un temps qui devient presque ensoleillé, ça tient du miracle…bref une belle journée qui s’annonce.
La route commence par du goudron traditionnel, mais qui se laisse place assez vite un chemin, puis une piste. On quitte bientôt cet axe en tournant à droite, vers les montagnes, on a alors l’impression de se laisser absorber par cette nature généreuse, mais capricieuse.
On traverse des paysages toujours très verts, on aperçoit bientôt des moutons (la fameuse laine précieuse…) et très vite le soleil tout entier vient se joindre à cette fête.
Bientôt la faim nous fait prendre conscience qu’il est déjà 15h, il est donc temps de manger.
aMalgré le vent, on profite de ce soleil chaud et de ce paysage pur si bien mis en valeur par ce dernier. Tout à coup on entend un 4*4 qui se faufile vers nous, il s’arrête. Une femme d’âge mur en sort et se dirige rapidement vers nous à notre grand étonnement. Puis, assez naturellement, elle nous raconte sa vie dans un français correcte. C’est une allemande qui est venue en Islande il y a longtemps pour enseigner sa langue dans les écoles. Elle poursuit en ajoutant qu’elle était très mal accueillie par ses élèves, en raison du passif historique de son pays qu’elle portait malgré elle.
Après nous avoir souhaité un bon voyage, elle s’en va comme elle est venue.
xQuelques minutes plus tard, on aperçoit quelques chevaux qui avancent à une allure rapide, ce troupeau grossit de plus en plus pour donner une horde importante menée par deux sortes de gardian (comme en Camargue). Ils sont superbes et vifs, j’en profite pour faire quelques clichés. Bref tout ceci se passe dans une ambiance des plus agréable générée par ce beau temps où même le vent s’est beaucoup calmé. On s’est même allongé dans les herbes pour faire une petite sieste, le visage chauffé par le soleil, un délice. Il faut à présent aller chercher de l’eau dans le ruisseau qui coule un plus bas en amont, c’est ce qu’on appelle la mission flotte ! Ed et Nico inaugurent pieds nus dans le ruisseau, mais avant d’atteindre celui-ci, il y a des marécages…argh !
Après déjeuner, la deuxième partie se passe dans de très bonnes conditions, à tous points de vue, sauf une tendinite au genoux droit qui m’handicape beaucoup, ce qui m’oblige à ralentir la cadence, ce qui équilibre mieux l’allure du groupe !

cCe soir, nous avons élu domicile dans un refuge isolé, ce qui est bien appréciable vu que le vent se remet à sévir. Nous dînons copieusement grâce d’une part à l’eau à volonté du lac qui est à proximité et d’autre part au gaz fournit par le refuge. Quel plaisir aussi de dormir sur des « vrais »matelas…en mousse… !
Nous faisons aussi la découverte des toilettes natures à l’islandaise, ce qui se résume à une petite cahute en forme de triangle, avec à l’intérieur un trou ouvert au dessus des « ténèbres »… tout ça est pratique, bien que mal odorant, sauf que : un courant d’air un peu trop malin s’engouffre à l’endroit inhabituel et fait s’envoler la feuille de papier toilette usagée au dessus de la tête du malheureux utilisateur qui tente de lui imprimer le mouvement inverse.
Tout à coup le troupeau de chevaux, que nous avions rencontré plus tôt, arrive devant le refuge avec plein d’autres cavalier, des touristes anglais apparemment. Voyant que nous avions déjà investi les lieux, ils décident de repartir plus loin.
On joue aux cartes jusque vers 10h30, puis dodo.

Le 10 août – Jour 4

Nous sommes à une altitude de 585 mètres, il fait 14°c dans le refuge, 9°c dehors et l’atmosphère est très très humide.
Il est 9 heures 45, le départ est imminent. Nous sommes bien reposés et nous avons le ventre bien plein, les plus braves ont affronté les WC islandais encore ce matin…pour ma part je préfère choisir de me perdre dans la nature !
Le vent est toujours aussi fort, mais il a tourné, c’est-à-dire qu’il est Sud – Nord, ce qui va accroître la difficulté. Toute fois, si on avance pas trop mal, on devrait atteindre ce soir KjÖlur (56 km environ), où nous attend une source chaude…ouah ! On va pouvoir se baigner et se décrasser un peu !!
wIl est 20h, finalement ce fut un gros temps avec de la pluie, un grand vent froid constamment de face et une température qui ne dépassait plus les 5°c. On a eu donc beaucoup de mal aujourd’hui, mais heureusement que nous avons pu trouver ce refuge de secours, sans lui ça aurait été critique…
En plus des mauvaises conditions climatiques, la chaîne du VTT de Nico s’est cassée en pleine côte et c’est à ce moment que la pluie s’est abattue sur nous…  Nous voyant dans cette mauvaise passe, les rares 4*4 que l’on croisait, s’arrêtaient l’air impuissant et fragile … Mais au final, on a géré le problème entre nous, grâce aux pièces de rechanges que nous possédions.
dCe soir nous sommes une fois de plus à l’abri et grâce à la chaleur corporelle et du réchaud, le mercure affiche brillamment 13°c. Le plus délicat est de lutter contre l’humidité et de se réchauffer. On tente alors de faire chauffer les affaires en les suspendant à des fils prévus à cet effet, mais en vain et au matin ils n’auront pas séché d’un iota ! On prépare à manger, on fait chauffer une popote d’eau, on sort des olives, un reste de saucisson de chez Nico (un régal inégalé dans ces contrées lointaines !), on parle, on chante, on rit beaucoup, bref on lutte pour ne pas tomber malade ; ça y est le thé est prêt, que c’est bon de pouvoir se réchauffer l’intérieur, viennent ensuite les plats lyophilisés et le boulgour à l’huile d’olive et aux raisins d’Abdel ! Petit à petit on reprend du poil de la bête, on tombe de sommeil et à 20H30 tout le monde est couché…au moins dans le duvet, c’est encore là qu’on arrive le mieux à se réchauffer.
cComme nous avons laissé les vélos dehors, à chaque fois qu’un 4*4 passe, on a droit à un coup de klaxon d’encouragement !… et oui de vrais champions !!…mais qui ont mal partout : les genoux, les fesses, les poignets, le cou, …

Le 11 août – Jour 5

On se lève à 8H30, il fait 8°c dans le refuge, on est frais comme des gardons ! Et comme les vêtements n’ont pas séché, je vais essayer les doubles chaussettes en sacs poubelle, la bonne vieille technique des sports d’hiver de mon enfance. Dehors le vent souffle toujours autant, mais dans une autre direction, « traviol arrière » selon Ed, c’est-à-dire Nord – Ouest.
On quitte notre refuge vers 10H et curieusement pas de pluie, faut dire qu’avec tout ce qui est tombé la veille, il faut un certain temps pour refaire les réserves !! Bref, nous prenons la direction de Hveravellir où un bon bain chaud nous attend ; bientôt le soleil revient embellir notre route.
fNous arrivons enfin. Evidemment, on y retrouve les touristes qui nous regardent comme leur meilleure attraction de la journée et certains moins farouches viennent nous parler (beaucoup de touristes français) et rapidement une convivialité s’installe et des compliments fusent de partout, on sent des envieux qui avouent être retenus par leurs habitudes conformistes…dommage pour eux. Il n’y a maintenant plus qu’une chose qui nous intéresse : le bain, la personne près de laquelle il faut acheter un droit de se baigner nous précise qu’il ne faut pas utiliser de savon et en nous mimant nous conseille d’utiliser ses mains … je précise qu’il s’agit malheureusement de nos mains !! Bref après une demie heure de bonheur intense, nous passons au shampoing et au rasage grâce à des robinets d’eau chaude prévus à cet effet.
fEt nous voici repartis vent dans le dos, on a l’impression d’avoir des ailes bien que la piste soit très difficile, à cause de gros cailloux qui risquent à tout instant d’endommager sérieusement nos jentes. Le paysage est bien dégagé et grâce au soleil, on prend plein les yeux avec pour couronner l’ensemble ce glacier qui, tel un grand sage, nous attend tout en nous observant avec une certaine bienveillance.
Après avoir parcouru 70 km, nous arrivons à un refuge, mais comme il fait beau, nous décidons de bivouaquer à l’abri du vent au bord d’un ruisseau, à côté d’un enclos peuplé de chevaux et face à notre glacier : le LangjÖkull qui chaque jour grossit ! Il est 20H, il fait presque chaud, nous prenons notre dîner et quel repas, comme nous avons sauté celui du midi pour rattraper notre retard, ce soir c’est très copieux !! C’est tout de même curieux ces contrastes islandais où un jour c’est presque l’hiver et le lendemain c’est l’été, bien sûr la force du vent y est pour quelque chose.
Grâce au refuge de luxe, nous irons squatter les WC extérieurs, ne nous privons pas !!
Après avoir mangé, chacun se promène, lit à la chaleur des derniers rayons de soleil, puis nous nous retrouvons pour assister à ce spectacle magnifique qu’est un coucher de soleil sur les montagnes, surtout en Islande.
Un petit bémol au milieu de cette idylle : les moucherons qui font une chasse incessante à l’homme, impossible de les éloigner. Après les chevaux, ils ont trouvé une nouvelle cible aux fragrances certes fortes mais différentes !
Il est tard, nous rejoignons  nos sacs de couchage et rapidement le sommeil vient nous cueillir. C’est une nuit calme mais qui devient si froide que cela nous réveille, on réalise que le mercure a chuté aux alentours de 3°C…

Le 12 août – Jour 6

Ce matin, on se réveille avec la chaleur du soleil à travers la toile de tente, il fait assez beau avec un peu de vent. Après un petit déjeuner agréable, on range le bivouac, puis on prend le départ.
Nous rencontrons un cycliste tchèque très sympathique, qui se prénomme Jean. Il fait le chemin dans le sens inverse, où d’ailleurs il rencontre beaucoup de difficultés par rapport aux vents de face souvent violents dans cette direction. Nous lui donnons les coordonnées du site Internet, en espérant garder contact.
Nous poursuivons notre périple en direction du glacier Langjökul, où nous projetons soit de bivouaquer soit d’occuper le refuge qui est indiqué sur notre carte, à coté de la langue glacière : Eystrihagafells Jokul. Pour atteindre ce but, il faut compter 56 km, grâce au vent dans le dos, nous y parvenons, même si l’état de la piste est très accidenté.
dNous arrivons enfin au refuge, une maisonnette colorée posée au milieu de nulle part. Nous y rentrons et constatons un intérieur chatoyant, avec une grande fenêtre au dessus de la table donnant sur cet immense cirque de montagnes. L’isolation est particulièrement bien réussie : à peine entrés nous relevons 18°c sans chauffage. Les couchettes sont confortables, il y a même des lampes à pétrole qui fonctionnent…c’est vraiment le luxe !!
Ce refuge est tenu par une association, pour payer sa nuitée, il existe à l’entrée les tarifs (pour les adhérents et les non adhérents), en dessous de ceux-ci une boîte est fixée au mur pour recevoir les paiements correspondants. On retrouve encore ici cette grande confiance qui règne en Islande.
xLorsque nous arrivons, il n’est que 17 heures, ce qui nous laisse encore le temps d’aller voir enfin de près ce glacier qui nous hante depuis plusieurs jours…aussi, après avoir délesté nos montures des sacoches, nous les enfourchons vivement pour nous lancer à toute allure vers ces paysages mystérieux…quel instant délicieux : enfin du vrai VTT, du trial dans les grosses pierres et bientôt une côte si pentue que même les 4*4 n’osent pas s’y risquer, en ce qui nous concerne, nous l’avons terminé à pieds. C’est alors qu’arrivés au sommet, nous découvrons un spectacle à couper le souffle (donc qui nous achève !!). Nous restons un bon moment sans parler, sans vraiment bouger…on absorbe, on se perd dans ce paysage si exceptionnel de pureté, de préservation. De là où nous sommes nous dominons un immense lac sur lequel flottent des icebergs, derrière ce dernier vient se terminer cet océan de glace qui se confond entre le ciel nuageux et les neiges éternelles. C’est troublant. Nous longeons les bords de ce lac, nos pas s’enfoncent dans le sable de basalte noir. Dès que l’on s’arrête, on retrouve toujours ce silence qui accentue l’immensité.
dAprès en avoir pris plein les yeux, nous retournons au refuge. Nous préparons un copieux repas avec l’eau du glacier chargée de sédiments, ce qui lui donne une couleur maronnasse !
De mon côté, je tente une toilette improvisée où très vite je me trouve saisi par l’eau glaciale…je parviens tout de même à faire une toilette de chat frileux.
De retour à « la maison », on mange, on boit, on rit et on envisage déjà des projets pour l’année suivante. C’est alors qu’Abdel nous parle de l’Atlas, puis après nous avoir venté son beau pays, il nous apprend la grande nouvelle de son mariage l’été prochain ! Une photo de l’état de nos têtes quand Abdel nous a annoncé son mariage aurait été probablement excellente.
On va se faire maintenant une bonne nuit au chaud cette fois-ci.

Le 13 août – Jour 7

Après une très bonne nuit, le réveil sonne à 8 heures…8h40 tout le monde est levé !! (977 de pression atmosphérique et 19,2°c à l’intérieur. (ce qui n’a rien à voir avec les 5°c de pic d’hier matin !!)

mAujourd’hui nous nous sommes fixés d’atteindre Gulfoss ou Geysir, c’est envisageable vu le beau soleil qui nous invite déjà dans cette belle journée qu’il semble nous offrir…
Abdel vient de terminer ses prières, il ne reste donc plus qu’à faire la vaisselle à coté de la rivière et faire le ménage pour laisser l’endroit aussi propre que nous l’avons trouvé. Nous revoilà partis sur la même piste qu’hier, mais cette fois dans l’autre sens (cul de sac !). C’est une piste vraiment difficile pour les vélos, on sent presque par moment que la gente se voile. On finit par retrouver la piste initiale qui, assez vite, devient goudronnée et c’est partie pour : Gulfoss avec ses chutes d’eau, ses promenades, ses commerces, ses restaurants…et surtout ses WC !!! L’envie devait être pressante puisque nous avons battu nos records de vitesse, le goudron y est aussi pour beaucoup…
pAprès avoir revu ce site splendide, nous poursuivons notre route vers Geysir où nous nous faisons beaux (toilette et rasage dans les WC du restaurant…où nous avions plus l’air d’SDF que de simples touristes !) pour aller admirer de plus près ces phénomènes que sont les geysers. Le temps est toujours assez beau, mais le vent se lève. Le soleil perce encore beaucoup, à tel point que nos trognes sont bien rôties !
C’est une sensation désagréable de revenir dans la civilisation, finalement on s’habitue bien vite au rythme de la nature.
On reprend la route, pour s’éloigner des touristes, en direction de laugarvatn. On finit par installer notre bivouac vers 19h30 où l’on réalise avec horreur que notre petite recharge de gaz Primus s’est fait la malle. On pense qu’elle a dû tomber sur la route.
C’est un drame, en effet nous constatons avec effroi que l’autre réserve de gaz Primus achetée en complément est trop grosse et ne s’adapte pas à notre appareil. On est bon pour manger froid ! Mais Ed et Nico, pour qui cette idée est insupportable, refusent de l’admettre et, scrutant les alentours, repèrent un ensemble de bâtiments au loin qui ressemble à une ferme. Ils s’y précipitent, le brûleur Primus sous le bras, dans l’espoir que le fermier aura une solution pour retirer la partie métallique jaune qui empêche la grosse bombonne de se fixer. Ils ont vu juste, ce dernier a sauvagement scié la partie gênante, libérant ainsi l’accès. Il faut donc remercier Mr Gummarsson d’avoir bien voulu ouvrir sa porte à deux inconnus crasseux qui cherchaient une scie à métaux au fin fond de l’Islande à 20h pour se faire à manger !!! donc grand merci de vous être arraché à votre émission préférée que vous regardiez avec votre épouse vêtue d’un surprenant pyjama rose à cœurs…si c’est pas la classe !!
Ouf ! On va pouvoir manger chaud, grâce à nos valeureux compagnons. Après avoir rempli la « chaudière », c’est brossage de dents et direction le sac de couchage. Le vent se lève ce soir, il souffle de plus en plus fort, on peut même dire qu’on gèle !! Ed me donne sa technique : on se déshabille dans son sac de couchage en ne gardant que son caleçon…et bien ça marche ! Très bonne nuit à tous.

Le 14 août – Jour 8

Il est 8 heures, on se lève en pleine forme. On va prendre de l’eau dans la rivière qui coule à deux pas. Certains ont des estomacs qui réclament plus qu’un simple lyophilisé, on assiste alors à des créations matinales tel que des compléments de purée minute par exemple.
On arrive à décoller une heure plus tôt que d’habitude : 9h25. Aujourd’hui, nous n’aurons que de la route avec un très beau soleil, mais un vent latéral à décorner les bœufs !!
mOn s’arrête près d’un volcan : le Kerid, un cratère magnifique et très profond. Mes genoux ne m’ont d’ailleurs pas pardonné d’y être descendu. Puis nous poursuivons en direction de Selfoss…où une bonne douche bien chaude nous attend enfin.
Sur la route, les voitures roulent très vite, elles nous rasent de très prêt ainsi que les camions. Cela rend extrêmement dangereux les opérations, qui plus est avec ce vent ; aussi pour mesurer le plus possible le risque nous pédalons inclinés en sens contraire du vent. A un certain moment, la route a tourné sur la gauche en direction du Sud, ce qui nous a permis d’avoir le vent dans le dos et à cet instant nous avons eu une longue ligne droite légèrement descendante qui s’offrait à nous…je vous laisse imaginer ! Avec Ed nous avons pulvérisé nos records de vitesse (nous avons dépassé les 70 km/h).
Nous arrivons à Selfoss, ville connue pour être un carrefour commercial majeur de l’Islande. Nous trouvons le camping après quelques erreurs de direction et là, soulés par le vent, on s’affale sur l’herbe avec l’envie de ne plus rien faire. Il n’y a que la vue de prendre une douche qui finisse par nous relever. Puis après une bonne douche à « l’œuf », nous installons notre campement, pendant que l’eau chauffe pour le repas.
mEnsuite Ed, Nico et moi allons à la piscine, tandis qu’Abdel préfère aller se réchauffer dans un café en ville. A la piscine, c’est extra, il y a moult bassins qui sont tous différents en température, ainsi, on peut se baigner en extérieur dans une eau entre 40 et 42°c par exemple. Il existe aussi des attractions plus ludiques tel que le toboggan où d’ailleurs à peine notre premier tour terminé avec perte et fracas, nous nous sommes fait chapitrés pour ne pas avoir respecté les consignes qui étaient clairement affichées…c’est sûr que sur le ventre la tête la première, ça n’a pas plus à notre gardien ! …dur dur le retour dans la société ! Dès lors, nous avons opté pour des attractions beaucoup plus softs, telles que les baignoires au soleil ou le sauna. Après quelques longueurs dans la piscine nous quittâmes les bassins. Nous nous changeâmes rapidement (pas de vestiaire individuel !). C’est alors que la faim commence sérieusement à se manifester, après avoir fait le tour des commerces, nous stoppons dans une grande surface qui semble être moins chic que les autres, on espère alors ne pas se ruiner en achetant un morceau de pain d’épice et du fromage mais aussi des gâteaux pour Nico ! (Le savoyard qui n’aime pas le fromage : incroyable !!).
mDe retour au camping, ça souffle toujours autant, du coup on se fait une petite réunion dans une des deux tentes pour faire un point sur les possibilités d’itinéraires de fin de séjour. Pendant ce temps, Abdel qui revient de son café, arrive et se joint à nous. Ensuite, nous allons au réfectoire du camping où l’on peut profiter des plaques chauffantes pour se faire la tambouille. On se mange du couscous orange que ce dernier a acheté…encore un bon repas ! Repus et complètement épuisés chacun regagne son « lit » et s’endort sans même s’être brossé les dents et sans faire attention au vent qui, pourtant, ne cesse de se déchaîner sur nos pauvres tentes qui, d’ailleurs, « joueront » de l’accordéon toute la nuit.

Le 15 août – Jour 9

Férié ? Qui a dit férié ?!
Certains ont bien dormi, d’autres moins bien ; pour ma part, grâce aux bouchons d’oreille, j’ai très bien dormi. Après avoir fait traîné le petit déjeuner, nous finissons par démarrer vers midi en direction du centre ville pour essayer de dégotter un beau pull islandais à un prix moins prohibitif qu’ailleurs, finalement on ne trouve rien.
qEn rattrapant la route n°34 en direction du Sud, nous profitons, sur une route aussi droite qu’une règle, d’un vent fort qui nous pousse à vive allure sous un soleil éclatant. Nous arrivons bientôt, Abdel en tête, au bord de la mer, où l’eau et le ciel bleu azur se confondent dans la ligne d’horizon, dans une douceur printanière (16°c à l’ombre). On remarque plusieurs sortes d’oiseaux : des cygnes, des mouettes grises, des goélands, … Après une longue pause au contact de l’eau salée, nous reprenons nos vélos en direction de l’Ouest, vers Selvogur, un petit village sur la côte bâti sur un champ de lave, refroidi bien sur. Soudain, Nico réalise avec effroi que son super dérailleur Shimano XTR est cassé net. C’est alors que chacun examine le problème et rapidement on improvise une réparation avec des mini tuteurs : une clé Allen, quelques brindilles et beaucoup de cerflex pour tenir le tout. Cette péripétie nous ayant bien ouvert l’appétit, nous décidâmes de mettre les popotes à chauffer… et là c’est le drame : le détendeur ne permet plus d’envoyer du gaz (et on a très faim, comme d’habitude !). Encore sous l’effet de l’adrénaline procurée par les effets de son dérailleur, Nico se lance à toute allure vers le village le plus proche pour trouver une station service, Abdel l’accompagne.
Ils arrivent enfin à la station Olis :

  • Abdel/Nico (en anglais): avez-vous des cartouches Camping gaz ?
  • Le gérant : non !
  • Abdel/Nico : avez-vous des détendeurs Primus ?
  • Le gérant : non !
  • Nico : j’ai cassé mon dérailleur, est-ce qu’il y a un vélociste dans les environs ?
  • Le gérant : non !
  • Nico : à votre avis, où pouvons-nous trouver ce que l’on cherche ?
  • Le gérant : à Selfoss !
  • Abdel/Nico : on en vient !
  • Le gérant : pas de chance !
  • Abdel/Nico : en effet ! bref, peut-on au moins vous prendre de l’eau pour la cuisine ?
  • Le gérant : allez, c’est d’accord !
  • Nico : merci mon Dieu !!

En attendant, Ed et moi discutons tranquillement au soleil, tout en préparant le repas. Une fois de retour, nous mangeons et le lyophilisé froid, surtout le Parmentier poisson, ça passe pas si mal, surtout quand on a très faim !! Bref, après avoir bien terminé ce repas spécial, grâce à quelques dattes du désert, nous repartons en direction de Perlakshöfn, où nous trouvons, au bout de quelques stations services et après une attente désespérée : une bombonne de Camping gaz…il ne faut donc jamais désespérer dans ce monde !! C’est alors qu’on se sent tout à coup relaxé, déchargé d’un poids que l’on traînait depuis longtemps. Nous visitons la ville qui est en pleine construction de nouveaux quartiers. D’ailleurs, ces maisons ne sont pas de mauvais goût !
On finit par s’installer sur des tables de pique-nique plantées devant la piscine du camping, au soleil. Abdel connaît à son tour le besoin irrésistible d’aller nager dans une eau chaude, d’autres ne résistent pas à l’envie d’aller dévorer un hamburger frites (hein Ed, d’ailleurs qu’est-ce que c’est bon de manger gras après une semaine de lyophilisé ! par contre ça fait mal au porte-monnaie…pour information : 11 euros pour un hamburger+frites contre 6 euros en France) et puis de fumer un bon cigare.
mAprès ce bon moment, tout le monde se retrouve pour se mettre en quête d’un coin agréable pour le bivouac. Nous cherchons à l’extérieur de la ville, nous plantons derrière un haut talus, dans le champ de lave. Puis, tel un instant sacré, nous nous regroupons pour apprécier un repas chaud, pas si copieux en raison du faible kilométrage du jour (45 km). Pour digérer, on se balade vers les falaises de lave. Sur le chemin, nous passons par un immense séchoir à têtes de morue : quel spectacle macabre ! A quoi peut bien servir tout ceci ? Peut-être que ces têtes une fois sèches, sont réduites en poudre pour devenir soit des condiments soit des ingrédients pour les produits cosmétiques… et pourquoi pas en faire une nouvelle recette de plat lyophilisé, il faudra en parler au Vieux Campeur !! Nous atteignons enfin le bord de la falaise qui surplombe la mer à 20 mètres, quelle sensation inoubliable. C’est une roche noire presque coupante ; tout ceci donne une ambiance bien mystérieuse, à tel point qu’on a tendance à ce croire au cœur d’un filme fantastique (à la Stephen King, selon Abdel) surtout maintenant où le soleil nous abandonne.
pSous un clair de demi-lune, nous regagnions nos couchages à grandes enjambées. Il est maintenant 11h30  et tout monde dort profondément.

Le 16 août – Jour 10

Il est 8 heures, tout le monde se réveille presque au même instant, après une bonne nuit malgré un sol truffé de pierres de lave. Comme le soleil est déjà levé depuis quelques heures il ne fait pas loin de 30°c dans les tentes, c’est surtout pour cette raison que nous nous éjectons de nos duvets. Il ne fait pratiquement pas de vent, le ciel est d’un bleu azur et on entend la mer qui vient se heurter contre les falaises de lave.
Après un bon petit déjeuner, nous donnons les premiers coups de pédales à 10 heures pour aller au camping afin d’utiliser les WC et de dégotter quelque chose qui puisse ressembler à une salle de bain.
vAujourd’hui nous prenons la direction de la capitale où nous y resterons probablement 2 nuits, de  manière à prendre le temps de visiter. Voilà, il est donc 11 heures lorsque nous prenons enfin le grand départ pour une bien longue étape : 80 km. Le problème est que le vent s’est levé depuis quelques instants, c’est un vent de  face violent. C’est alors que les muscles se fatiguent beaucoup trop vite, dès lors la vitesse moyenne est bien faible… quel manque de chance, pour une fois que l’étape prévue est plus longue que d’habitude. Le vent est maintenant encore plus violent que tout à l’heure. Ainsi, pour gagner du temps, nous décidons de manger froid, en essayant de se trouver un endroit à peu près à l’abri du vent. Nous repartons à travers des champs de lave magnifiques, toujours sous un « soleil de plomb » (pour l’Islande !!). par chance notre itinéraire passe par des pistes entretenues, cela nous évite des axes routiers trop dangereux. Le vent est de plus en plus fort et bientôt notre itinéraire nous oblige à remonter plein nord, c’est-à-dire exactement face au vent, notre vitesse tombe alors entre 10 et 15 km/h. Aussi, nous ressentons se manifester dans le groupe une fatigue physique mais aussi et surtout nerveuse… il est donc grand temps de faire une vraie bonne grosse pause pour récupérer efficacement. (N’oublions pas que ce sont des vacances à la base !!!)
Abdel met à profit cet arrêt en faisant une bonne sieste au soleil, après avoir dévoré quelques poignées de noix de cajou. Nous autres allons explorer à pieds les environs, notre regard est particulièrement attiré par une mystérieuse fumée blanche qui surgit de derrière les premières collines. Son halo se dessine parfaitement sur le ciel bleu. Plus nous pensons approcher, plus elle semble s’éloigner, pourtant une odeur de soufre se manifeste de plus en plus à nos capteurs nasaux. Nous arrivons enfin devant une énorme source chaude, ça boue partout, certaines parties sont visibles, d’autres enfouies dans une épaisse fumée. On réalise que c’est de la boue en ébullition, mais alors quelle odeur abominable, de quoi vomir tout son lyophilisé du matin et du midi réunis !! Blague à part, ce phénomène naturel est époustouflant : il s’agit de solfatares.
sDe retour auprès d’Abdel, qui se réveille juste, nous lui contons tout ceci. Comme ce dernier se sent mieux, nous repartons, mais cette fois-ci dans l’idée d’écourter l’étape et de trouver un endroit pour bivouaquer. Nous découvrons finalement un endroit splendide : de grandes étendues vertes vallonnées, à côté d’un lac immense où nous plantons nos tentes. Quoi qu’il en soit, nous avons tout de même fait près de 62km depuis ce matin (vitesse moyenne : 16km/h).
Ecroulés de fatigue, nous nous endormons vers 21h30.

Le 17 août – Jour 11

Lever à 9 heures. La nuit a été froide et perturbée en raison de la forte inclinaison des tentes, certains ont passé la nuit à faire du toboggan sur leur tapis de sol. Côté météo, il fait bien gris et humide, mais le soleil, qui semble percer au loin, promet de nous réchauffer vite. Le vent est faible. Il ne nous reste plus que 25 km jusqu’à Reykjavik, autrement dit une paille !!
Nous contournons ce lac, tel un miroir immense, encaissé au milieu d’un cirque de montagne, c’est gigantesque et complètement silencieux.
vSur le chemin, nous rencontrons un professeur de français qui nous vient de la Creuse, un amoureux de la nature qui se vante d’avoir fait une bonne partie du tour du monde. Nous discutons longuement au soleil, dans une ambiance sereine, ce qui vient contraster avec la dureté de la veille. Nous atteignons la Capitale vers 12H30 et la redécouvrons sous un jour différent, en particulier la découverte d’une grande surface de la banlieue a été assez mémorable, en ce sens que l’on avait décidé de nous y restaurer, non sans avoir imaginé les prix prohibitifs qui nous attendaient, sur ce point ce fut un sans faute !! La ménagère islandaise doit vraisemblablement avoir le panier moyen le plus cher au monde. Ainsi, pour grignoter quelques variétés de gâteaux secs plus ou moins bons, un morceau de fromage pasteurisé et du pain, attendez-vous à débourser pas loin de 30 euros. Une fois ces victuailles payées, on pique-nique sur le parking, sous le regard surpris des ménagères non insensibles à nos odeurs qui surpassent de loin celle du fromage !! Bref, notre équipage ressemble à si méprendre à un quatuor de fromages puants et goinfres, mais à vrai dire, c’est ça le plus drôle !!
Comme convenue avec l’administration des bus, nous passons ensuite à la gare centrale, où Abdel récupère enfin son portable qu’il avait perdu lors du trajet en bus du 8/08. là encore c’est pas une mince affaire, Ed avait signalé la perte du mobile 10 jours auparavant, grâce au téléphone du point information de Varmahlid, il avait fait épeler son prénom et son non, ce qui a donné Idourab treca, vous pouvez donc imaginer que ce fut long avant de pouvoir faire le rapprochement entre ces deux identités différentes.
xL’arrivée au camping se fait en début d’après midi, après 20 km supplémentaires parcourus dans la banlieue. Et là un objectif s’impose : prendre une DOUCHE !! Faisant d’une pierre deux coups, la douche se compose d’abord d’une lessive en gardant les vêtements sur soit (après la peinture sur soie, Cyclomonde créé la lessive sur soi), puis la douche proprement dite… quel « délice soufré » que je vous le dise !!
Chacun refait surface petit à petit vers la tente, on sympathise avec un allemand : Fabian. Une fois tout le monde réuni, on se dirige vers le centre ville, mais finalement Abdel préfère se mettre au chaud dans un café. Nous autres allons d’abord s’acheter de quoi se faire des sandwichs, puis direction le port, où l’on peut voir des rangés de bateaux consacrés aux safaris photos (et pas seulement) de baleines, ailleurs on voit un navire entièrement peint en doré et bien d’autres consacrés à la pêche. De retour vers 22 heures, on se refait un bon repas lyophilisé en attendant Abdel (et oui les petits sandwichs chers et pas bons n’ont pas suffit), au bout d’un moment on se couche et ce n’est que vers minuit que notre quatrième refait surface… ouf ! On va pouvoir dormir sereinement.

Le 18 août – Jour 12

On dort bien dans ce pays !! On se lève vers 8H30, on mange et très vite on se précipite au musée National d’Islande. C’est un bâtiment ultra moderne à la nordique, avec de grandes baies vitrées, de grands volumes, des matériaux très sobres. On se dirige alors vers la caisse et je remarque les différents tarifs et me dit que celui d’étudiant me rappellera des vieux souvenirs !! J’en parle alors ouvertement, devant l’hôtesse,  au reste de l’équipe en insistant sur le fait que sans carte d’étudiant ça peut peut-être passer. Vient alors notre tour et quelle ne fut pas notre surprise d’entendre cette ravissante islandaise nous parler dans un français parfait… je me sentis alors bien penaud. Elle n’émit aucune résistance à m’octroyer le même tarif que les autres, sans me demander de justificatif.
vNous entrons ensuite dans le musée proprement dit, il retrace toute l’histoire du pays, depuis les premiers colons qui furent des moines irlandais, vers l’an 800 après JC. Au cours de la visite, il y a une salle consacrée aux costumes d’époque. Ainsi, nous garderons en mémoire Ed revêtant l’habit de religieux islandais résistant à l’invasion viking incarnée par Abdel !
Mais ce dernier montre des signes de fatigue et très vite il nous apprend qu’il est malade. Il reste alors se reposer au chaud dans la cafétéria du musée, tandis que nous autres repartons au camping pour déjeuner. En chemin, on fait étape à la cathédrale, une construction majestueuse mais récente, puis on rejoint le centre ville où je m’achète un de ces bonnets typiques en laine islandaise. On finit par arriver. Pendant le repas, une française prénommée Claire se joint à nous. Elle est venue avec un ami pour trois semaines, celui-ci connaît des islandais qu’il est parti retrouver. Pendant ce temps, Abdel nous rejoint, il ne va pas mieux, il faut alors prendre une décision quant à la suit du voyage. Il est raisonnable qu’il reste se reposer ici, de notre côté, nous pouvons poursuivre avec une tente de trois places. Par chance c’est le week-end de la culture et on ne le laisse pas seul.
De notre côté, c’est reparti vers les montagnes, direction Grindavik : un petit port de pêche typique de la côte sud-ouest. C’est alors que nous quittons le beau temps de la capitale, pour nous enfoncer vers un brouillard épais et mystérieux. La piste est difficile mais ça ne gâche en rien le paysage, bien au contraire. Il y a des morceaux de lave noire ou rouge parfois bleu, tout ceci est disséminé sur de grandes étendues de mousse d’un vert fluorescent au milieu de montagnes plus belles les unes que les autres. De son côté, le temps ne s’améliore pas, il faut alors envisager de rejoindre l’unique refuge indiqué sur la carte, mais le 4*4 qui nous a doublé il y a quelques minutes avait déjà pris possession des lieux. Il nous faut alors poursuivre pour trouver un bon coin de bivouac. Nous plantons à côté d’une cabane-WC et de quelques moutons moins farouches qu’ailleurs. Il fait très froid et le vent est de plus en plus fort, bientôt la pluie s’ajoute à ce tableau plutot difficile… quel plaisir alors d’étrenner en grandes pompes mon super bonnet !! Et oui, la laine a cette particularité d’être à la fois légère, imperméable (c’est-à-dire que l’eau va perler dessus) et très insolente. Un petit cigare après un dîner copieux, puis tout le monde au lit, il est 22 heures et il fait moins de 5°c…dans ces conditions, le meilleur endroit reste encore le sac de couchage !!
En pleine nuit, vers 2h30, on est réveillé par des bruits suspects à gauche de la tente (dos au sol…oui la gauche n’est pas la même si on change de sens !). Ed se pose des questions, tend l’oreille, apparemment plus de bruit…bon dodo !
Tout à coup, vers 2H45, la poubelle laissée à l’extérieur de la tente s’anime, elle prend vie, puis on entend comme des pas feutrés qui viennent toujours du même côté, des frémissements d’herbe… Mouton ? Ours ? Loup ? … Tyrannosaure ??!! Puis plus rien, on se rendort.
C’est alors que le phénomène recommence vers 3h, on craint alors que la bête se mette à brouter nos sacoches de vélo puis Ed qui se trouve du côté en question commence à craindre de se faire brouter les fesses !! C’est Nico le plus réveillé qui sort bravement sa tête de la tente en espérant impressionner la bête : « Ouste, va-t-en ! Fout le camp sale bête !! » Ed lui demande : « tu vois quelque chose ? » « Une masse noire sur la gauche ! »
Le sommeil finit par reprendre le dessus.

Le 19 août – Jour 13

Il est 8h, « bien dormi Nico ? Alors, elles ont mangé quelque chose les bêtes de la nuit ? » Demande Ed. « Ah non, d’ailleurs c’est mon sac que je vois à la place de cette fameuse masse noire !! »
Quelle nuit agitée entre le vent, le froid, les moutons et les odeurs de bouc (les nôtres !!). Ce matin, ça souffle toujours autant et vers le nord : quel manque de chance, nous qui descendons vers le sud. En attendant de se faire décoiffer par le vent, nous prenons des forces.
Nous prenons le départ dans une humidité pénétrante accompagnée d’un vent fort de face, ce qui nous contraint à un pliage express et musclé de la tente… à tel point que j’en oublie mes lunettes de vue à l’intérieur ! J’appréhende l’état dans lequel je vais les retrouver, si je les retrouve. Il faut dire que l’Islande dans un flou artistique c’est pas mal !
Avant de poursuivre, je vais vous donner deux proverbes islandais :

  • « En Islande, il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements ! »
  • « Mieux vaut avoir le vent dans le dos lorsque l’on est en côte, plutôt que d’avoir le vent de face en descente » (ce second proverbe s’adresse plutôt aux cyclistes)

sOn finit par partir vers 9h15, on parcourt en 1h30 25km. A Grindavik, après une pause WC à la station service, on s’offre the restaurant, mais alors on est très embêté, parce que le prix indiqué correspond à un plat, alors que la patronne nous propose d’aller nous servir en soupe avant d’apporter le plat en question. Du coup, on se ressert à l’abri des regards. C’est une sorte de bouillon de viande épais, épicé, c’est plutôt bon. Arrive ensuite la suite, quelle assiette magnifique de poisson avec une garniture de légumes et pommes de terre, imaginez ce que c’est après des jours et des jours de lyophilisé, c’est le paradis ! On se régale, c’est délicieux et pendant ce temps dehors il pleut et le vent n’a pas cessé. Mais rapidement on sent nos estomacs qui saturent, alors que notre tête dit « encore ». On s’est effectivement déshabitué de manger de manière si copieuse. La patronne vient vers nous pour reprendre nos assiettes presque vides et nous propose en dessert de la crème au chocolat, puis un café ou un thé, on peut parler de bouquet final !
Quel délicieux dessert, on s’aventure à en reprendre, bien que déjà les dents du fond soient sous la marée.
Vient enfin le moment fatidique : l’addition. Et bien oui mesdames et messieurs c’était bien tout compris, donc cela ne nous aura coûté que le prix du plat principal, c’est-à-dire environ 22 euros, ce qui n’est vraiment pas cher pour le pays. Ce restaurant s’appelle le Grimm.
Pour ceux que ça intéresse d’avoir le détail de ce repas cérémonial :
– L’entrée : Assiette de soupe de viande agrémentée selon votre goût de crème fouettée (à volonté)
– Le plat de résistance : Grande assiette de poisson (sole, cabillaud) avec sa garniture (crudités de toutes sortes & pommes de terre persillées)
– Le dessert : crème au chocolat maison, avec des éclats de noisettes ( à volonté)
– Café & thé (à volonté)
Tout ceci pour 1900 ISK par personne.
De plus la patronne est adorable, ce qui ne gâche rien, on lui a d’ailleurs laissé les coordonnées de Cyclomonde. Après avoir passé 3 heures à manger et à digérer, nous sortons enfin et avec Ed nous déroulons la toile de tente et miracle nous retrouvons mes lunettes intactes…ouf !

cAprès avoir visité le port, nous prenons la direction du fameux Blue Lagoon, qui est soit disant une expérience à faire. Après quelques hésitations nous y allons, histoire de ne pas mourir idiot. C’est effectivement intéressant à faire, on se baigne dans de grands bassins d’eau bleu,  turquoise et l’on peut se mettre de la silice sur le visage, cela fait apparemment du bien à la peau, pour nous c’est une nouvelle occasion de passer au décrassage ! Au point de vue des douches, il ne faut pas être pudique, il faut entièrement se rincer et les douches sont communes ! En soit ce n’est pas si gênant, le pire, c’est l’intervention d’un groupe de touristes japonais qui se sont mis à se racler la gorge, à cracher parterre, et cela en se baladant comme dans un camp de naturistes. La prochaine fois ils éviteront de boire l’eau des bassins !!
Voici un endroit incontournable : la boutique souvenir. C’est ici qu’il faut aller, non pas pour dépenser des milles et des cents pour l’achat de petits flacons ridicules de produit « Blue Lagoon », mais simplement profiter des testeurs d’après rasage (ou autres) pour passer plus discrètement dans ces lieux publiques…comme ça, pour changer, on sent bon !!!
On ressort de ce Disneyland vers 19h et nous reprenons la route 425 en direction de Keflavik, notre étape finale, snif !
On installe notre dernier bivouac sauvage à proximité du bord de mer, mais à l’abri du vent. Ce soir Nico fait une création culinaire en mélangeant des conserves de crème de champignon avec de la macédoine de légume, cela donne un résultat ignoble, surtout après le restaurant. Mais on t’en veut pas Nico, tu as raison il faut toujours essayer ! Après un bon petit cigare au lit, bien au chaud, mais soudain on entend des coups de fusil, au loin. Nous attendons de voir si ça se rapproche, on verra si on se fait trouer la peau, pour le moment on ne ressent pas la menace, du coup le sommeil nous gagne très vite.
Soudain, vers 2h, Nico nous réveille en parlant fort en dormant. Il semble apparemment très contrarié d’apprendre quelque chose, puis il se retourne. Ed et moi nous rendormons et cet « entracte » se clôture par quelques échappements libres de la part de chacun.

Le 20 août – Jour 14

Le réveille sonne à 8h…les premiers orteils commencent à remuer une heure plus tard. Il y a moins de pression, étant entendu que le restant de km à faire est relativement peu élevé : environ 40 km. Ce matin le ciel est plus léger qu’hier, mais le soleil est encore dans le coton. La piste que nous prenons est très accidentée, il est difficile d’avancer, on rebondit comme des balles, à tel point que mon scalp bouge au rythme des rebonds du VTT. Finalement on avance bien grâce au vent dans le dos et nous atteignons le camping Alex de Keflavik vers 12H30. A peine arrivé, on s’empresse de vérifier si le chauffeur de taxi a bien apporté nos cartons, ils sont bien les islandais !
Après avoir tout nettoyé : douche, vaisselle, on mange ! Comme il reste toujours des choses à manger dans les campings, on se fait de bons extras, puis on se fait une bonne sieste sur l’herbe. Quel plaisir d’être arrivé au terme de notre périple sans incident notoire, tout c’est plutôt bien passé. Keflavik est une petite ville dynamique, installée autour d’une baie. Abdel nous rejoint au camping en pleine nuit, et en pleine forme.

Le 22 août – Jour 15

C’est la dernière journée avant le départ, on se balade en ville. Les automobilistes sont particulièrement attentifs et respectueux des cyclistes, dès qu’on arrive dans un carrefour, ils préservent notre sécurité.
Finalement, nous récupérons des cartons tout neufs dans un magasin de vélos, du coup pas de rafistolage à faire !
En fin de journée nous décidons de rejoindre l’aéroport pour l’emballage final de nos montures, mais aussi dans l’idée d’y dormir en attendant l’embarquement vers 6h30. Nos plans sont perturbés par les agents de sécurité qui refusent de nous laisser dormir, avec plein d’autres personnes dans le même cas, dans le hall des départs. Ils ont apparemment l’obligation d’empêcher des voyageurs de s’y installer… quel dommage pour un aéroport international de ne pas pouvoir y dormir quelques heures !! Nous essayons pourtant d’insister, mais pour réponse ils nous envoient la police. C’est alors que discrètement, nous nous éclipsons du reste du groupe, pour aller camper dans un coin du côté du hall d’arrivée, où l’animation est encore très animée.

Le 23 août – Jour 16

fNous dormons environ 3 heures, puis l’heure de l’enregistrement étant arrivée, nous nous apprêtons à faire nos adieux à ce beau pays, en espérant le revoir une prochaine fois.
Après l’enregistrement de nos VTT, on réalise qu’ils ne sont pas étiquetés à nos noms, c’est-à-dire qu’ils risquent de rester ici ou partir dans un mauvais avion, c’est la panique, l’hôtesse ne maîtrise pas bien la situation, on décide de bloquer l’enregistrement des formats spéciaux jusqu’à ce qu’elle régularise la situation. Elle y parvient, après de nombreuses difficultés, puisqu’à partir du moment où les vélos passent dans le local d’embarquement, ils ne peuvent plus revenir en arrière.
Enfin, après tous ces problèmes, nous décollons pour Paris, où nous trouvons un temps magnifique