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2.2 Les principaux biotopes des étages alpins et subalpins

 

2.2.1 Qu’est-ce qu’une plante de montagne ?

 

Dition : la dition est la répartition géographique de différentes espèces végétales.

            De nombreuses espèces végétales adaptées à différents habitats vivent dans les régions montagneuses d’Europe. Alors que beaucoup d’espèces de plaine s’élèvent souvent au-dessus de 1000 mètres (étage montagnard), rares sont les plantes typiquement montagnardes présentes au-dessous de 1500 mètres, au moins en Europe continentale. En revanche, dans l’extrême nord de la dition et les îles britanniques, on rencontre des espèces montagnardes à des altitudes très inférieures. Les causes de cette anomalie ne sont pas entièrement connues, mail il est probable qu’un ensemble de facteurs (climat, exposition, sol, conséquence des dernières glaciations) soit à l’origine de ces enclaves de végétation montagnarde. Par exemple, la Gentiane Printanière (Gentiana Verna.) se rencontre au niveau de la mer sur les calcaires du Burren de l’ouest de l’Irlande, mais uniquement à l’étage alpin dans les montagnes d’Europe continentale.
            Les différents étages de végétation que l’on rencontre normalement sur la plupart des montagnes sont représentés sur le schéma indiqué dans le paragraphe 2.1. D’une façon générale, plus on va vers le Nord, plus l’altitude de ces étages diminue. De ce fait, au nord de son aire, on a des chances de retrouver une espèce donnée à des altitudes plus basses que dans le sud. Ainsi les Linaigrettes, que l’on retrouve dans les Alpes habituellement à environ 1300 mètres, se rencontrent en Islande couramment à 200 mètres.

 

 2.2.2 Etages alpins et subalpins

 

  L’étage subalpin se trouve au-dessous de la limite supérieure des arbres et sa flore comprend à la fois des espèces de plaine et de montagne. Prairies, bois et talus sont souvent couverts de fleurs et selon le cas, comportent de grandes plantes herbacées, des arbustes et des arbres. On y trouve les dernières cultures. A la limite supérieure des arbres, ceux-ci sont représentés par des espèces naines de pins, bouleaux et genévriers dont la densité devient faible.
           
            L’étage alpin proprement dit commence au-dessus de la limite supérieure des arbres, là où les conditions climatiques sont trop rigoureuses pour que ces végétaux puissent se développer. La flore, plus pauvre en ce qui concerne le nombre d’espèces, est en revanche beaucoup plus spécialisée que celle des altitudes inférieures. Des buissons rampants et nains remplacent les arbres, et les pelouses comportent un riche assortiment de plantes herbacées qui, au printemps, forment des taches de vives couleurs. Si l’on s’élève encore, ces prairies deviennent de plus en plus maigres et les plantes, frappées de nanisme, présentent de nombreuses adaptations à un milieu hostile. Beaucoup forment des coussinets qui recouvrent le sol ou les creux de rocher ; leurs feuilles sont toutes petites mais elles ont de grandes fleurs vivement colorées. A ce niveau supérieur, la couverture végétale est souvent très clairsemée mais les espèces qui la composent comptent au nombre des plus belles que l’on puisse voir.

 

2.2.3 Quelques biotopes des étages alpins et subalpins

 

Les prairies et pelouses alpines

Très fréquentes en montagne au-dessus de la limite des forêts, surtout entre 1400 et 2800 mètres en Europe continentale, elles sont spontanées ou résultent de l’exploitation du bois à la limite supérieure des arbres. Riches en espèces et souvent colorées, les prairies alpines sont souvent dominées par les Poacées (ou « Graminées ») et les Cypéracées (Laiches…), mais leur composition varie fortement d’un endroit à un autre et selon qu’elles poussent sur un substrat acide (granites…) ou alcalin (calcaires…). Dans le sud de la France par exemple, on rencontrera sur les sols acides les maquis, tandis qu’en milieu alcalin on rencontrera les garrigues. Dans les Alpes, les Tatras et les Carpates, on rencontre des groupements végétaux de pelouses jusqu’à 3000 mètres d’altitude.

 

Brousses, mégaphorbaies et rhodoraies

Au-dessus de la limite des forêts, là où les arbres ne peuvent pas se maintenir, vivent des arbustes associés à des plantes herbacées relativement grandes, en particulier entre 1400 et 2000 mètres. Les groupements les plus répandus sur sols calcaires sont dominés par le Pin mugho (ou Pin couché), et par le Rhododendron ferrugineux et l’Aulne vert dans les milieux les plus acides. En Ecosse et en Scandinavie, entre 400 et 1200 mètres, ces formations végétales sont principalement remplacées par des Saules nains.

 

Landes alpines

Ce sont des groupements d’arbrisseaux et sous-arbrisseaux sur sols acides, dominés par des Ericacées, souvent accompagnées de petites Poacées, Cypéracées, des Bryophytes (mousses) et des Lichens, principalement entre 1500 et 2600 mètres, mais plus bas dans le domaine boréal. Parfois, c’est le Genévrier nain qui domine.

  Genévrier nain Genevrier_nain

     

    Combes à neige

A l’étage alpin où des plaques de neige tombée tardivement mettent régulièrement beaucoup de temps à fondre (en particulier dans les cuvettes), des groupements typiques peuvent se développer, caractérisés par la brièveté de la saison végétative. A mesure que a neige fond, les fleurs s’épanouissent de manière successive en figurant une sorte de halo autour des névés ; au-delà, les mêmes espèces sont déjà fanées et ont fructifié. Il est toujours intéressant de rechercher les combes à neige, dans la mesure où elles prolongent la période de floraison de diverses espèces, souvent alors que l’été est très avancé, telles que Crocus Vernus, la Soldanelle Alpine (Soldanella Alpina), la Véronique alpine (Veronica Alpina).

crocus_vernus soldanelle_alpine veronique_alpine
Crocus Vernus
      Soldanelle Alpine      
Véronique Alpine

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          • Bords et plages des cours d’eau
Fréquents dans toute la dition, ils abritent diverses associations végétales liées à l’altitude et à l’acidité du sol, jusqu’à 2500 mètres. Il existe localement des zones humides plus étendues, sous la forme de tourbières sur Sphagnum, mousse caractéristique ce celles-ci, en particulier dans les dépressions à proximité de moraines.  Lorsque la surface de la nappe phréatique affleure plus ou moins, des tourbières basses oligotrophes, dominées par diverses Cypéracées, peuvent se développer.   Sphagnum sphagnum

          • Groupements rupicoles

Ces milieux pierreux peuvent dominer à n’importe quelle altitude dans toute la dition et comportent des associations végétales presque jusqu’aux neiges éternelles, au moins jusqu’à 3400 mètres dans les Alpes. Les espèces végétales qui les constituent dépendent non seulement de la nature chimique des roches, mais encore de la latitude. Nombre de plantes spécifiques ainsi que d’endémiques alpines se rencontrent dans ces biotopes, que l’on peut classer sommairement comme suit :

 

Moraines : ce sont des débris rocheux rassemblés sur les bords (moraines latérales) ou à l’extrémité de la langue (moraine frontale) des glaciers. On rencontrera les dépôts glaciaires les plus vastes dans les zones antérieurement recouvertes par des calottes de glace massives, surtout dans les régions boréales.

Eboulis : ce sont des accumulations de fragments rocheux de diverses dimensions au pied de falaises et de fortes pentes. Les éboulis sont généralement mobiles et continuellement réalimentés par le haut en nouveaux débris rocheux. Ils peuvent néanmoins abriter toute une série de plantes intéressantes, surtout si les éboulis se sont stabilisés et bougent moins.

Falaises : la hauteur de celles-ci peut aller simplement de quelques mètres jusqu’à des structures massives d’au moins plusieurs centaines de mètres. Des plantes inféodées à cet habitat ou moins spécialisées s’y installent sur les vires ou dans les fissures. Le type de roche est le principal facteur de sélection des associations végétales des falaises, mais l’orientation peut également jouer un grand rôle, au point que certaines espèces ne sont présentes qu’à l’ombre ou en exposition nord.

Rochers nus : ils sont très abondants aux étages alpins moyen et supérieur, sous l’étage nival. Les rochers nus constituent le milieu le plus extrême pour les plantes alpines, qui y sont peu abondantes et dispersées, et dont beaucoup se sont néanmoins spécifiquement adaptées à ces lieux et ne se rencontrent nulle part ailleurs, sauf éventuellement dans des éboulis à proximité. Par exemple : Androsace alpina, Diapensa lapponica, Edraianthus graminifolius, Eritrichium Nanum.  

 

androsace_alpine diapensa_lapponica Edraianthus_graminifolius
Androsace Alpine       Diapensa lapponica          Edraianthus graminifolius
Eritrichium_Nanum  Eritrichium Nanum  

 

Comme on vient de le voir, l’habitat a une très grande importance pour de nombreuses plantes montagnardes et beaucoup sont étroitement adaptées à un milieu bien particulier. Pourtant, çà et là, au bord des torrents, dans les éboulis et sur les moraines, on rencontre des espèces à une altitude très inférieure à celle où on les trouve normalement, ce pourquoi l’exploration des vallées qui descendent d’une montagne élevée ou d’un glacier permet souvent de voir des plantes intéressantes.

 

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