La biodiversité végétale islandaise

On compte 440 plantes supérieures, 71 espèces nicheuses d’oiseaux et 12 sous-espèces de vertébrés sur le territoire islandais. On peut considérer qu’il s’agit d’une biodiversité très faible si on la rapporte à sa superficie et son climat.

Ainsi plusieurs hypothèses peuvent être formulées sans qu’aucune ne puisse réellement expliquer ce fait. Il s’agira d’une conjonction des multiples paramètres que nous allons maintenant tenter d’expliquer. :

Les déterminants climatiques et géologiques : l’Islande a subit plusieurs glaciations dont la dernière a pris fin il y a 10 000 ans. Cette glaciation a probablement limité le nombre d’espèces que le sol abrite aujourd’hui. Nous retrouvons ici un précepte de la théorie historique de la biodiversité : une évolution climatique qui se produit à une vitesse supérieure à celle que l’évolution se traduit par la disparition de nombreuses espèces.

La théorie historique explique que la grande biodiversité se trouvant sous les tropiques est due au fait que les glaciations auraient moins affecté (ou affecté différemment) ces régions que les autres milieux. Et inversement pour les régions polaires.

Les volcans pourraient porter leur part de responsabilité. Certains biogéographes affirment que des crises volcaniques ancestrales, d’une extrême violence auraient provoqué la disparition de 90% des espèces.

Une isolation insulaire ancestrale : on tend à croire aujourd’hui que durant les glaciations, l’île n’était pas recouverte à 100% par la glace. Il devait exister des « zones refuges » appelées ainsi en référence au fait qu’une partie de la végétation qui existait avant les glaciations aurait pu y trouver refuge. On considère que la moitié des végétaux supérieurs islandais actuels ont survécu dans ces zones. Cependant, les conditions d’alors étaient trop rudes pour les autres espèces qui ont fini par disparaître.

Effet de la latitude : un fait général qui caractérise la biodiversité sur Terre : celle-ci diminue à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur en se rapprochant des pôles. Rappelons pour souligner ce propos que 96% des espèces connues sont présentes dans la forêt tropicale humide. Deux théories sont aujourd’hui d’actualité pour expliquer ce phénomène : la théorie historique évoquée en ci-dessus et la théorie de l’équilibre qui elle, insiste sur les caractéristiques propres des milieux dont certains, indépendamment de leur histoire, possèdent une plus grande diversité que d’autres.

Une faible spéciation. La spéciation est le phénomène d’apparition d’une nouvelle espèce à partir d’une espèce mère au sein d’un écosystème. L’étude des caractères génétiques et du mode de reproduction parait indispensable pour expliquer ce fait.

Les races polyploïdes (individu possédant un nombre de chromosome multiple entier de celui qui serait normal pour son espèce) sont plus résistantes à certaines conditions extrêmes comme le froid tout en gardant un phénotype normal. Le taux de polyploïdie est de 66% en Islande mais de moins de 50% en Europe.

De plus, c’est la reproduction asexuée qui prime en Islande. En effet, dans le froid, le pollen avorte. Seule reste alors ce type de reproduction qui engendre une descendance génétiquement égale à la plante mère (sauf en cas de mutations sporadiques) ce qui limite la spéciation.

Pour clore ce paragraphe, un mot sur la forêt islandaise Cette dernière a été réduite de 95% en 1000 ans, en partie à cause de l’activité humaine.