Comprendre les enjeux de l’eau à l’aide de quelques statistiques

Les quelques statistiques suivantes vous permettront de prendre toute la mesure des enjeux de l’eau. Ces données proviennent du Stockholm International Water Institute (SIWI).

mEn cliquant sur une des rubriques suivantes, vous pourrez accéder directement aux statistiques concernées.

  • Approvisionnement en eau, installations sanitaires et santé
  • Eau et écosystèmes
  • Nourriture, agriculture, et bioénergie
  • Eau et Industrie
  • Hydroélectricité et Irrigation
  • Ressources en eau et pénurie
  • Eau, Climat et Risque
  • Eaux Transfrontalières

Approvisionnement en eau, installations sanitaires et santé

  • Pour assurer nos besoins essentiels en eau, nous nécessitons de 20 à 50 L d’eau non polluée chacun et chaque jour.
  • Chaque jour, 2 millions de tonnes de déchets sont déversés par l’Homme dans des cours d’eau. Source : UNESCO.
  • Dans les régions qui ont peu accès à l’eau et aux installations sanitaires, le taux de mortalité infantile est multiplié par 10 à 20 en comparaison aux régions qui ont un accès correct à celles-ci.
  • 88% de toutes les maladies ont pour origine une consommation d’eau non potable, des installations sanitaires inadéquates et une mauvaise hygiène. Source : Water Partners International.
  • Certains pays Africains ont fait des progrès rapides pour l’accès à l’eau potable. Par exemple, la Tanzanie présentait une couverture de 38% en 1990, et de 73% en 2002 ; la Namibie de 58% en 1990, et de 80% en 2002. Source : WBCSD.
  • L’accès à un réseau d’égouts varie de façon importante entre les régions, de 18% en Afrique et 45% en Asie à 96% en Amérique du Nord. Source : SIWI.
  • De 1990 à 2004, le pourcentage de personnes ayant accès à des installations sanitaires de base dans les zones urbaines n’a augmenté que de 1 point, de 79 à 80%. Source : WHO.
  • De façon générale, la diarrhée est la cause première de maladie et de décès. Source : WHO.
  • L’estimation des fonds totaux nécessaires pour le secteur de l’eau pour atteindre les objectifs du Millenium Development varie entre 111 et 180 milliards de dollars US par an. Source : UNESCO.
  • Dans les pays développés, 70% des eaux usagées d’origine industrielle sont déversées sans être traitées dans la nature où elles polluent les ressources d’eau utilisables. Source : UNESCO.
  • Un enfant né dans un pays développé consomme 30 à 50 fois plus d’eau que celui né dans un pays en voie de développement. Source : UNESCO.

Eau et écosystèmes

  • 60% des 227 rivières les plus grandes du monde sont fortement segmentées par des barrages,des digues et des canaux, menant à la dégradation des écosystèmes. Source : UNESCO.
  • 50% des marais présents dans le monde depuis 1900 ont disparu. Source : UNESCO.
  • Seules 5 des 55 rivières européennes sont considérées comme vierges de toute pollution, et seules les parties les plus en aval des 14 plus grandes rivières présentent « un bon état écologique ». Source : UNESCO.
  • En Asie, toutes les rivières traversant des villes sont gravement polluées. Source : UNESCO.
  • La plupart des 110 000 kilomètres cubes environ de pluie qui tombent sur les continents chaque année s’évapore de nouveau dans l’atmosphère ou est absorbée par les plantes. Environ 42 700 kilomètres cubes d’eau qui retombent sur terre coulent dans les rivières à travers le monde. Source : Water Parners International.

Nourriture, Agriculture et Bioénergie

  • 777 millions de personnes vivant dans les pays en voie de développement n’ont pas accès à suffisamment de nourriture en terme de quantité et de qualité. Source : UNESCO.
  • 27 millions de personnes souffrent de malnutrition dans les pays en transition économique , et 11 millions dans les pays industrialisés. Source : UNESCO.
  • Les paturages et cultures occupent 37% de la surface émergée de la Terre. Source : UNESCO.
  • Produire 1 kg de viande nécessite partout entre 5 000 et 20 000 L d’eau par kg, selon le type d’animal et la façon dont ils sont élevés (par exemple l’élevage en paturage alimentés en eau par la pluie consomme moins d’eau que l’élevage industriel ayant recours à l’irrigation). Source : SIWI.
  • Selon les pratiques actuelles, certains bio-fuels liquides pourraient contribuer autant à l’effet de serre que les carburants fossiles puisqu’ils requièrent de grandes quantités de ressources fossiles pour la fabication de fertilisants, l’utilisation de machines pour l’agriculture, et le raffinage. Source : SIWI.
  • Une diminution du gaspillage de nourriture de 50% (dont les pertes après récolte, dans le transport et la manutention, et celles dans les foyers domestiques) pourrait largement réduire voire même annuler les besoins supplémentaires d’eau pour produire davantage de nourriture, ce qui permettra de s’assurer que suffisamment d’eau sera disponible dans le futur . Source : SIWI.
  • Selon la production actuelle d’eau, la consommation supplémentaire d’eau liée à la sécurité alimentaire en 2025 et 2050 est estimée respectivement à 3 800 et 5 600 km3/an. Source : SIWI.
  • D’après la production actuelle d’eau et un régime moyen de 3 000 kcal/jour, 5 600km3/an d’eau supplémentaires seront nécessaires d’ici 2050 pour éradiquer la malnutrition et nourrir 3 milliards d’habitants supplémentaires dans le monde. Ceci représente presque 3 fois plus que la consommation mondiale actuelle d’eau utilisée pour l’irrigation. Source : SIWI.
  • Actuellement, les agriculteurs payent souvent des taux d’intérêts considérablement élevés pour les crédits. Dans certains pays africains, ceux-ci atteignent 40%. Source : SIWI.
  • Le commerce de la nourriture est aussi le commerce de l’eau. En effet la production de nourriture utilise d’importantes quantités d’eau, un certain volume d’eau consommable est donc utilisé pour produire chaque unité de nourriture. La quantité totale de ressources d’eau utilisée pour produire des semences est appelée « eau virtuelle ». Source : SIWI.
  • Dans les pays de l’OCDE, les agriculteurs recoivent plus du tiers de leurs revenus en subventions de la part du gouvernement, pour un total de plus de 300 milliards de dollars US chaque année. Les dépenses totales en aides à l’agriculture dans les pays de l’OCDE sont 5 fois plus élevées que les dépenses totales pour l’aide au développement et 2 fois plus élevées que le montant des exportations agricoles par les pays développés. Source : SIWI.
  • Produire 1 kg de viande requiert autant d’eau qu’un foyer domestique moyen en consomme en 10 mois.

Eau et Industrie

  • Les industries dans le monde représentent 22% de la consommation totale d’eau, dont 59% est fait par les pays à haut revenu et seulement 8% par les pays à faible revenu. Source : UNESCO.
  • Le volume annuel d’eau utilisé par l’industrie augmentera de 752 km3/an en 1995 à 1 170 km3/an en 2025 selon les estimations. Source : UNESCO.
  • En 2025, les industries représenteront 24% de la consommation totale d’eau douce.
  • Quelques 300 à 500 million de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets sont accumulés chaque année par les industries. Source : UNESCO.
  • Plus de 80% des déchets dangereux dans le monde sont produits par les Etats-Unis et les autres pays industriels. Source : UNESCO.
  • Dans les pays en voie de développement, 70% des déchets industriels sont rejetés non traités dans les eaux où ils polluent les ressources d’eau utilisable. Source : UNESCO.
  • Les pratiques inadaptées de drainage et d’irrigation ont conduit à détremper et saliniser environ 10% des terres irriguées dans le monde. Source : UNESCO.
  • On estime que les nations de l’OCDE devraient investir au moins 200 milliard de dollars US par an pour remplacer les infrastructures vieillissantes de l’eau pour garantir l’approvisionnement, la diminution des pertes par fuite et la protection de la qualité de l’eau. Source : UNESCO.

Hydroélectricité et Irrigation

  • L’hydroélectricité est la source d’énergie renouvelable la plus importante et la plus largement utilisée, mais les conséquences néfastes de la construction de barrages comprennent le déplacement de populations locales et la dégradation des écosystèmes. Source : UNESCO.
  • Environ 70% de toute l’eau disponible est utilisée pour l’irrigation. Source : UNESCO.
  • Les taux de productivité d’eau dans les systèmes d’irrigation actuels sont bien en-dessous du potentiel de nombreuses zones. Source : UNESCO.
  • L’irrigation est très importante pour la production de nourriture en permettant 40% de la production par seulement 17% des terres cultivées Source : SIWI.

Ressources en eau et Pénuries

  • De toute l’eau disponible sur terre, 97,5% est de l’eau salée, et parmi les 2,5% restants d’eau douce, 70% de l’eau est gelée au niveau des pôles. Les 30% autres sont essentiellement présents en tant qu’humidité dans les sols ou reposent dans des aquifers souterrains. Source: Water Partners International.
  • Moins de 1% de l’eau douce dans le monde (ou environ 0,007% de toute l’eau sur terre) est directement accessible pour les besoins humains. Source: Water Partners International.
  • Dans 60% des villes européennes de plus de 100 000 habitants, l’eau souterraine est utilisée à une vitesse supérieure à son renouvellement. Source: WBCSD.
  • Environ 110 000 km3 d’eaux de pluie tombent chaque année sur les continents. Environ 1/3 atteint les aquifers, rivières et lacs, parmi lesquels seulement environ 12 000 km2 sont considérés comme directement utilisables par l’homme. Source : SIWI.
  • L’empreinte d’eau d’une nation est définie comme le volume total d’eau douce, à la fois verte et bleue, qui est utilisée pour produire les biens et les services consommés par les habitants d’une nation, c’est-à-dire à la fois la nourriture et les autres biens et services. Source : SIWI.
  • La crise de l’eau mondiale n’est pas due à une disponibilité physique de l’eau, mais à des relations de pouvoir déséquilibrées, la pauvreté et les inégalités qui en découlent. Source : HDR 2006.
  • De par le monde, la croissance de la population et le développement économique vont vraisemblablement causer de plus grandes pénuries d’eau et de stress hydrique que le changement climatique seul. Source : SIWI.
  • Les périodes de sécheresse ne s’expliquent pas seulement par le manque physique d’eau. C’est aussi souvent le signe des difficultés grandissantes pour mobiliser davantage de ressources d’eau douce disponible. De telles difficultés comprennent les coûts, les défis liés aux infrastructures, et la taille de la population cherchant l’accès à cette ressource. Source : SIWI.
  • D’ici 2075, le nombre de personnes vivant dans des régions subissant des pénuries chroniques d’eau sera estimé à 3 à 7 milliards d’individus. Source : SIWI.
  • D’ici 2075, on estime qu’entre 4 et 9 milliards de personnes pourraient vivre dans des régions subissant un haut stress hydrique. Source: SIWI.
  • Les pénuries d’eau peuvent être classées en deux catégories : les pénuries « apparentes » existent là où l’eau existe en grande quantité, mais est utilisée inefficacement et gaspillée ; les pénuries « réelles » sont causées par des pluies insuffisantes ou de grandes populations dépendant d’une ressource limitée. Source : SIWI.

Eau, Climat et Risque

  • Une augmentation de la température moyenne mondiale de 3 à 4°C pourrait engendrer des inondations responsables de 330 million de réfugiés climatiques. Source : HDR 2007/2008.
  • Une augmentation de la température moyenne mondiale de 3 à 4°C pourrait entrainer une modification de la répartition de l’eau et une fonte glaciaire pourrait contraindre 1,8 milliards de personnes supplémentaires à vivre dans un environnement présentant un déficit en eau d’ici 2080. Source : HDR 2007/2008.
  • Le Royaume-Uni dépense 4 fois plus (1,2 milliards de dollars US par an) pour se protéger des inondations que le reste du monde tout entier. Source : HDR 2007/2008.
  • Le variabilité climatique et le changement climatique vont vraisemblablement augmenter la fréquence des inondations et des sécheresses. Source : SIWI.
  • Pour certains pays, le changement climatique pourrait se traduire par une augmentation de la production de nourriture, comme en Amérique du Nord et en Europe, où des profits importants sont prévus. Source : BIWI.
  • Pour les 40 pays les plus pauvres, avec une population totale de 1 à 3 milliards de personnes, le changement climatique pourrait leur faire perdre 1/5ème de leur production céréalière potentielle en 2080. Source : SIWI.
  • La menace potentielle du changement climatique pour l’eau dans le monde et la sécurité alimentaire est sévère si la température moyenne augmente de 1,5 à 2°C, avec des conséquences particulièrement désastreuses pour la région Méditerranéenne et le sud de l’Afrique.
  • Environ 40% des pays sub-sahariens pourraient perdre une part substantielle de leur production agricole en raison du changement climatique. Source : SIWI.
  • A l’échelle mondiale, le changement climatique augmentera probablement les précipitations moyennes, bien que ce soit difficile de prédire cela précisément ou de l’incorporer dans des scénarios futurs de l’eau. Cependant, les zones subtropicales arides telles que les régions Centre Est de l’Afrique du Nord vont vraisemblablement devenir plus arides. Source : SIWI.

Eaux Transfrontalières

  • Il y a eu 1831 intéractions sur des bassins transfrontaliers à la fois conflictuelles et coopératives au cours des 50 dernières années. 7 conflits ont engendré des violences, et 507 évènements conflictuels sont survenus tandis qu’environ 200 traités ont été signés, pour un total de 1228 évènements de coopération. Source : UNESCO.
  • Le bassin de la rivière Danube est partagé par 18 nations voisines. Source : UNESCO.
  • 145 nations présentent un territoire avec un bassin transfrontalier, et 21 résident entièrement dans un seul et même bassin. Source : UNESCO.
  • 12 pays ont plus de 95% de leur territoire qui se trouve dans un ou plusieurs bassins transfrontaliers. Source : UNESCO.
  • Les termes « rivalité » et « rivière » ont la même origine latine. Rivalité signifiait autrefois partager une même rivière avec d’autres.

VOLCANISME ET GENESE DES PAYSAGES ISLANDAIS

La très grande diversité des paysages islandais qui frappe tant les touristes et qui semble être responsable, en partie du moins, de l’attrait pour les voyageurs de ce petit bout de terre émergé d’à peine 100 000 km² est la conséquence directe d’une intense activité géologique.

En effet, prairies, marmites de boue bouillante, glaciers, montagnes, déserts… résultent de la transformation d’une matière, omniprésente dans les profondeurs de la Terre et qui affleure en surface à l’occasion d’une éruption volcanique : le magma.

Dans cette première partie, nous tenterons de démontrer comment le magma sous l’influence d’une multitude de paramètres a permis de façonner les terres et la végétation islandaises et lui offrir une telle diversité de paysages. Nous étudierons aussi les conséquences du volcanisme au travers de différents exemples

Le volcanisme – Généralité

Avant d’aborder le géologisme spécifique de l’Islande, il convient de faire quelques précisions succinctes quant au volcanisme et aux phénomènes associés

Le volcanisme de dorsale

Une dorsale est une zone de la croûte terrestre où deux plaques tectoniques s’écartent. En 1960, Harry Hammon Hess développe le modèle de la tectonique des plaques permettant d’expliquer l’histoire géologique de la Terre. Sept plaques tectoniques sont animées de mouvements les unes par rapport aux autres : elles se rencontrent, s’éloignent (rift) formant ainsi les irrégularités de la croûte terrestre comme les montagnes. La figure 1 présente ces plaques et leurs mouvements.

Au niveau des dorsales, se créée la lithosphère (la partie supérieure de la Terre) par remontée de magma, l’activité volcanique qui en résulte est caractérisée de volcanisme de dorsale.

Le volcanisme de point chaud

Un point chaud est un endroit de la Terre où se produit une remontée de grandes quantités de magma provenant de la limite noyau-manteau contribuant à la formation de volcans. La figure 2 présente une coupe de la Terre et localise le manteau et le noyau par rapport à la lithosphère.

On considère que les points chauds sont fixes et que ce sont les plaques qui se déplacent par rapport à eux.

Cas de l’Islande

L’Islande est un cas spécial. L’île est située sur le rift médio-atlantique qui est une immense fracture de la croûte terrestre séparant les plaques tectoniques Nord-américaines et Eurasiennes. Ce rift s’étend du nord au sud séparant ainsi l’île en deux. L’Islande est donc à la fois américaine et européenne. La plaque continentale qui porte l’Amérique du Nord s’écarte progressivement de la plaque européenne au rythme de 1 cm par an de chaque coté : l’Islande s’agrandit. C’est sur un axe nord-est/sud-ouest que l’on retrouve le plus grand nombre de manifestations volcaniques. C’est également dans ces zones que se produisent le plus de séismes.

Il se produit une éruption tous les 5 ans en moyenne. L’écartement des plaques induit un volcanisme de dorsale. L’Islande est la plus grande île qui relève de la dorsale : on dit que l’Islande est la partie émergée de la dorsale atlantique.

Mais il y a aussi en Islande un volcanisme de point chaud, et cela est bien la particularité géologique de l’Islande. Il y a en fait superposition des deux types de volcanisme, ce qui explique que c’est ici que se répand le plus grand volume de magma sur la surface de la Terre.

On pense que le début de l’élévation de l’Islande remonte à 25 millions d’années. Les roches les plus anciennes trouvées datent d’il y a 13 à 14 millions d’années.

Conséquences du volcanisme

Le volcanisme responsable de crises majeures

C’est un volume de 340 km3 de lave qui ont été déversées par les 200 volcans islandais durant les 15 000 dernières années. Ce volume recouvrirait Paris sur 3 km d’épaisseur. A ceci s’ajoute 50 km3 de cendres.

La plupart des éruptions sont modérées, courtes et causent peu de dégâts à l’instar de l’éruption du mont Hekla en janvier 1991.

Certaines sont plus spectaculaires. En 1963 une éruption fit surgir l’île Surtsey au large des îles Vestmann. Cette île formée était originellement d’une superficie de 2,8 km² et n’en fait plus que 2 km² aujourd’hui à cause de l’érosion.

Mais la catastrophe la plus importante des temps modernes se produisit le 8 juin 1783. Le Laki entra en éruption et, pendant 50 jours, déversa 12 km² de matière en fusion et engendra des coulées de 50 km de long. Dix milles personnes périrent. Les gaz émis ont empoisonné le bétail et les récoltes, empêchèrent les pêcheurs de prendre la mer provoquant une famine.

Le volcan sous glaciaire Katla reprit du service en 1952, les coulées de boue emportèrent des blocs de roche de plusieurs centaines de tonnes à 15 km.

En 1973, c’est un autre volcan, l’Eldfell, situé sur une île de l’archipel des Vestmann. La terre s’ouvrit en une immense fissure de 2 km de long. Trente trois millions de tonnes de lave et de débris jaillirent et les deux tiers de la ville fut ensevelie sous la lave et les cendres. L’éruption généra une coulée de lave haute de 165 mètres. Aucune victime ne fut à déplorer étant donnée l’efficacité des secours

Etroitesse de l’espace disponible pour la vie

L’essentielle de la biomasse se concentre le long des côtes. Le centre de l’île est occupé par des déserts et glaciers où la végétation se fait rare. Ainsi, le territoire est bien moins colonisé par les végétaux que sa superficie ne le laisserait penser. Et comme nous l’avons évoqué, 95% de la forêt a disparu entraînant une érosion importante des sols. Cette érosion a transformé des zones qui auraient pu accueillir de la végétation en déserts de pierre.

La présence de macareux est en partie responsable de cette concentration de la végétation autour des côtes. Ces oiseaux se nourrissent de poissons. La luxuriance de la végétation est permise par l’apport de guano jouant un rôle d’engrais et déposé par des milliers d’oiseaux

L’exploitation de la géothermie

rès de mille points géothermiques sont recensés en Islande. Cette énergie propre, gratuite et inépuisable assure au pays une indépendance énergétique et contribue à sa survie économique. En 1930, la première usine géothermique est mise en service et permis de chauffer une douzaine de maisons et une piscine. Les progrès technologiques ont permis la mise au point de système de transport de la chaleur sur de longues distances sans déperditions : l’île est parcourue par plus de 700 km de conduites isolées. La quasi-totalité des foyers islandais a recourt à cette énergie pour le chauffage.

L’une des source qui alimentent la capitale Reykjavik, celle de Nesjavellir, est située à une trentaine de km. L’eau chaude distribuée aux foyers est directement issue des sources.

A Svartsengi dans le sud-ouest, une source est utilisée à l’échelle industrielle pour la production d’électricité. Des surplus ce cette installation est né un lac d’eau chaude devenu une station thermale, le fameux Blaa Lonidh (Blue Lagoon).

1.4.4 Curiosités émanant de l’activité volcanique

Voici quelques phénomènes curieux et spectaculaires dont l’existence est due à une forte activité volcanique :

Les geysers : (de l’islandais « qui jailli t »), ils naissent de sources chaudes qui, venant des profondeurs, s’accumulent au centre d’un bassin, que des dépôts successifs de silice ont façonné en forme de dôme. Lentement chauffée, l’eau atteint une température de 102-103°C (on a là une surchauffe), une énorme bulle se forme, explose en expulsant vers le ciel dans un jet brûlant et bruyant toute l’eau du bassin.

Les geysers doivent leur nom au grand Geysir situé dans le sud-ouest de l’Islande. Son jet atteint 60 mètres. Il ne jaillit plus qu’une à deux fois par an. A proximité, le Strokkur s’anime toutes les quatre à six minutes.

Les solfatares : (de l’italien solfatra, soufrière), il s’agit de zones volcaniques en sommeil. Elles offrent le spectacle de mares de boue en ébullition, de dépôts multicolores de sulfates et d’oxydes divers. S’y trouvent aussi de nombreuses fumerolles nauséabondes composées de vapeurs d’eau et de gaz carbonique. Ces vapeurs atteignent 200°C (1000°C lors d’une éruption).

Le site de Hveravelir : il se situe au centre-Ouest de l’Islande. Il ne s’agit pas de marmites de boue comme évoquées précédemment mais bien de marmites d’une eau très chaude et néanmoins très limpide.

En débordant, l’eau se refroidie ce qui provoque une diminution de la solubilité de la silice qui finit par précipiter. Cette silice se dépose en geyserite qui est une forme de silice hydratée.

Très souvent, de la silice colloïdale forme un micro précipité qui reste en suspension dans l’eau. Ce micro précipité favorise la diffusion des courtes longueurs d’ondes ce qui donne à l’eau cette couleur bleue très prononcée.

Le Kerid : il s’agit d’un cratère vieux de 6500 ans situé au sud-ouest de l’Islande à proximité de Selfoss. Il est de forme ovale et mesure 270 m de long sur 170 m de large. Sa profondeur totale est de 55 m, le fond étant occupé par un étang dont le niveau d’eau varie de 7 à 14m. Un vieux dicton veut que lorsque l’eau monte dans le Kerid elle baisse dans les mêmes proportion dans un étang situé non loin. Cette formation se trouve dans une zone volcanique où les foyers d’éruption n’ont rien de spectaculaire car peu de relief.

Les vulcanologues pensaient autrefois que Kerid était un cratère d’explosion. Les recherches n’ont mis en évidence aucune couche de scories susceptibles de se rattacher à ce type d’éruption. Le cratère doit sans doute son aspect au fait qu’un petit réservoir magmatique s’est vidé provoquant un affaissement.

Conclusion : l’existence de la grande diversité des paysages de l’Islande prend ses racine, nous l’avons vu dans le volcanisme. De l’intérieure des chambre avec les phénomènes de diffusion, en passant par les éruptions, la présence de glaciers et bien sur l’action du climat et de la vie : l’ensemble de ces paramètres concourent de façon harmonieuse à la genèse des sites islandais.

La biodiversité végétale islandaise

On compte 440 plantes supérieures, 71 espèces nicheuses d’oiseaux et 12 sous-espèces de vertébrés sur le territoire islandais. On peut considérer qu’il s’agit d’une biodiversité très faible si on la rapporte à sa superficie et son climat.

Ainsi plusieurs hypothèses peuvent être formulées sans qu’aucune ne puisse réellement expliquer ce fait. Il s’agira d’une conjonction des multiples paramètres que nous allons maintenant tenter d’expliquer. :

Les déterminants climatiques et géologiques : l’Islande a subit plusieurs glaciations dont la dernière a pris fin il y a 10 000 ans. Cette glaciation a probablement limité le nombre d’espèces que le sol abrite aujourd’hui. Nous retrouvons ici un précepte de la théorie historique de la biodiversité : une évolution climatique qui se produit à une vitesse supérieure à celle que l’évolution se traduit par la disparition de nombreuses espèces.

La théorie historique explique que la grande biodiversité se trouvant sous les tropiques est due au fait que les glaciations auraient moins affecté (ou affecté différemment) ces régions que les autres milieux. Et inversement pour les régions polaires.

Les volcans pourraient porter leur part de responsabilité. Certains biogéographes affirment que des crises volcaniques ancestrales, d’une extrême violence auraient provoqué la disparition de 90% des espèces.

Une isolation insulaire ancestrale : on tend à croire aujourd’hui que durant les glaciations, l’île n’était pas recouverte à 100% par la glace. Il devait exister des « zones refuges » appelées ainsi en référence au fait qu’une partie de la végétation qui existait avant les glaciations aurait pu y trouver refuge. On considère que la moitié des végétaux supérieurs islandais actuels ont survécu dans ces zones. Cependant, les conditions d’alors étaient trop rudes pour les autres espèces qui ont fini par disparaître.

Effet de la latitude : un fait général qui caractérise la biodiversité sur Terre : celle-ci diminue à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur en se rapprochant des pôles. Rappelons pour souligner ce propos que 96% des espèces connues sont présentes dans la forêt tropicale humide. Deux théories sont aujourd’hui d’actualité pour expliquer ce phénomène : la théorie historique évoquée en ci-dessus et la théorie de l’équilibre qui elle, insiste sur les caractéristiques propres des milieux dont certains, indépendamment de leur histoire, possèdent une plus grande diversité que d’autres.

Une faible spéciation. La spéciation est le phénomène d’apparition d’une nouvelle espèce à partir d’une espèce mère au sein d’un écosystème. L’étude des caractères génétiques et du mode de reproduction parait indispensable pour expliquer ce fait.

Les races polyploïdes (individu possédant un nombre de chromosome multiple entier de celui qui serait normal pour son espèce) sont plus résistantes à certaines conditions extrêmes comme le froid tout en gardant un phénotype normal. Le taux de polyploïdie est de 66% en Islande mais de moins de 50% en Europe.

De plus, c’est la reproduction asexuée qui prime en Islande. En effet, dans le froid, le pollen avorte. Seule reste alors ce type de reproduction qui engendre une descendance génétiquement égale à la plante mère (sauf en cas de mutations sporadiques) ce qui limite la spéciation.

Pour clore ce paragraphe, un mot sur la forêt islandaise Cette dernière a été réduite de 95% en 1000 ans, en partie à cause de l’activité humaine.

LA FLORE ISLANDAISE

L’Islande, différents climats à l’ouest et à l’est

L’ouest et l’est de l’Islande connaissent un climat légèrement différent, en raison de deux courants océaniques d’origine différente longeant ses côtes. A l’ouest, le Gulf stream est responsable d’un réchauffement de la partie occidentale de l’île, tandis qu’à l’est un courant d’origine Arctique entraîne au contraire un refroidissement de la partie orientale de l’île. Ainsi, malgré une amplitude thermique peu importante, que ce soit au cours de la journée mais aussi d’une saison sur l’autre, deux climats se partagent l’île. Le climat islandien qui affecte le sud et l’est de l’Islande et les îles Vestmannaeyjar, les précipitations orographiques sont importantes et les vents sont parfois violents. Le climat spitbergien affecte le nord-ouest qui est moins pluvio-neigeux, plus ensoleillé, plus froid l’hiver et plus chaud l’été.

Aussi, bien que Groenland et Islande se situent à des latitudes comparables, l’Islande jouit d’un climat beaucoup plus doux et tempéré que son voisin au climat Arctique, tous deux se trouvant au niveau du cercle polaire Arctique.

Cette variation climatique géographique a naturellement des conséquences sur la répartition des espèces végétales présentes en Islande. Ainsi il existe quelques espèces capables de se développer uniquement à l’est de cette île, telles Saxifraga aizoides et Saxifraga cotyledon.

Les étages de végétation observés en Islande et leur flore

Du fait de la haute latitude de l’Islande, les limites des étages de végétation décrits précédemment se trouvent décalées vers des altitudes plus basses. Ainsi au niveau de la mer, on  retrouve la limite supérieure de l’étage montagnard, soit plus de 1500 mètres plus bas qu’en Europe continentale. La succession des étages reste bien entendu la même, seule leur altitude est différente.
Vers 875-930 l’Islande était « boisée entre la côte et les montagnes ». A cause des moutons et d’une coupe sans ménagements, la plupart des bouleaux ont peu à peu été détruits, et il ne subsiste que broussailles. Du quart de l’île occupé autrefois par des forêts ne subsiste que quelques minuscules « forêts » éparses. Les plus grands bois se trouvent à Hallomstadur à l’est et à Vaglir au nord. Les seuls arbres de quelque importance sont les bouleaux Betula tortuosa ne dépassant pas 10 mètres. Ici et là on trouve le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) et le saule à feuilles d’if (Salix phyliciflia). A certains endroits, la limite d’altitude de la végétation ligneuse atteint 350 à 600 mètres, mais se situe en moyenne entre 300 et 400.

Entre ces terrains secs l’on trouve souvent des marais et des landes couverts de carex, de roseaux et, très souvent, d’un tapis de linaigrettes. A certains endroits des plateaux du centre on trouve des marais à caractère de toundra. Dans les basses terres il y a aussi de grandes étendues de sable presque sans végétation. Des crêtes rocailleuses se dressent au-dessus des étendues de prairies de landes ou de marécages ; les plantes disséminées entre les pierres y sont très fréquentes. Un grand nombre d’espèces portant de jolies fleurs comme la dryade (Dryas octopetala), le thym sauvage (Thymus serpyllum), le silène acaule(Silene acaulis), l’oeillet de mer (Armeria maritima) et le céraste alpin (Cerastium alpinum) sont courantes ici.

  • Les plateaux centraux et les montagnes sont presque sans végétation au-dessus de 700 mètres. On n’y trouve que quelques spécimens dispersés d’espèces robustes alpino-arctiques. Les champs de lave récents sont également à peu près dépourvus de végétation. Sur les champs de lave plus anciens on trouve une végétation caractéristique, c’est-à-dire un tapis sans fin de mousses que l’on rencontre également dans les montagnes et sur les plateaux du centre. Ce tapis se compose de mousses Rhacomitrium lanuginosum et R. canescens, et il est presque dépourvu de plantes vasculaires. Avec le temps, le tapis de mousse est remplacé peu à peu par des arbrisseaux nains et, plus tard, par des bouleaux. Cette végétation des laves a connu un développement intéressant dans les régions de Budahraun et de Myvatn. Dans les champs de lave se trouvent toujours des ravins et des dépressions, où abondent les fougères, plantes herbacées et graminacées. Dans le Budahraun plus qu’ailleurs, les espèces de fougères dans les ravins sont belles et luxuriantes. La boue chaude autour des geysers assure à la végétation des conditions de développement excellentes et quelques espèces caractéristiques se trouvent exclusivement en de tels endroits en Islande, telles l’ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum), la persicaire (Polygonum persicaria), la véronique beccabonga (Veronica anagalisaquatice), l’immortelle des marais (Gnaphalium uliginosum) et le jonc articulé (Juncus articulatus).
  • Pour conclure

    Nous aurons donc abordé dans cette étude les origines volcaniques de l’île, de nature basaltique car c’est une zone émergée de la dorsale atlantique, ainsi que les différentes transformations subies par le magma, depuis son élaboration dans la chambre magmatique précédent l’éruption, l’affleurement et le refroidissement, jusqu’aux mécanismes d’érosions responsables des paysages que l’on peut aujourd’hui observer en Islande. Les reliefs ainsi formés, associés à la haute latitude de l’île, sont responsables d’un étagement particulier de la flore, en des étages montagnard, subalpin, alpin et nival. Les étages subalpin et alpin sont les derniers à conserver une présence de végétation à la période végétative courte, localisée dans quelques biotopes particuliers tels que les prairies et pelouses alpines ; brousses, mégaphorbaies et rhodoraies ; landes alpines ; combes à neige ;bords et plages des cours d’eau ; groupements rupicoles (moraines, éboulis, falaises, rochers nus). On trouve ainsi dans ces milieux de très nombreux lichens et mousses, végétations pionnières de milieux nouvellement créés, qui précèdent et préparent la colonisation de leur environnement par des plantes plus complexes et plus exigeantes que sont les plantes vasculaires. Bien que ne subsiste presque aucune des anciennes forêts de bouleaux islandaises, il reste toutefois quelques bouleaux épars et différentes variétés de saules et de sorbiers aux étages inférieurs. En-dessous de 700 mètres, les basses terres conservent une certaine biodiversité végétale qui disparaît à mesure que l’on s’élève en altitude et que l’on progresse dans l’intérieur du pays sur les plateaux centraux et dans les montagnes.

    Mais si cette nature est si sauvage et si préservée en Islande, elle n’en est toutefois pas moins fragile. En effet, tout dommage infligé à ces végétaux, qui souvent se battent pour survivre difficilement sous ce climat rude et sur ces sols encore inhospitaliers, est durable et réduit à néant tous les efforts et le temps dont aura eu besoin le végétal pour s’établir. Il est donc une autre composante essentielle à la biodiversité en Islande, que les islandais prennent très à cœur : le respect de la nature.

Chronologie de la colonisation par la flore d’un milieu nouveau

L’Islande est un morceau émergé de la dorsale Atlantique, caractérisé par son intense activité : le volcanisme y est permanent, et responsable de nombreux épanchements de lave. En refroidissant, ces nouvelles coulées constituent des milieux vierges de toute flore et faune, et vont alors être colonisées progressivement par différentes espèces, dans un ordre chronologique précis.

En même temps que se déroulent les processus d’érosion classiques décrits ci-dessus, différentes espèces de végétaux vont successivement s’installer. En effet, cette colonisation par le végétal est très dépendante de la nature du sol, et ainsi du travail de l’érosion. Les  premières plantes à coloniser ces milieux vierges, et à priori stériles, sont les lichens, dont le fameux lichen blanc qui nourrit les rennes, puis arrivent ensuite différentes variétés de mousses, ces deux types de végétation ne nécessitant aucun sol profond pour s’installer, mais seulement un substrat rocheux, érodé ou non. Lichens et mousses colonisent tels des pionniers ces milieux stériles. En se décomposant, ces deux grandes familles vont produire une fine couche d’humus, puis de terre meuble, qui deviendra alors à son tour un substrat pour des espèces plus évoluées, les plantes vasculaires, souvent de petits végétaux très spécialisés dont la taille ne dépasse pas la dizaine de centimètres.

Le temps faisant son œuvre, le sol meuble s’épaissit, et de nouvelles plantes vasculaires sont alors capables de s’installer, dont les graines sont apportées par le vent, ou des animaux tels que les oiseaux. Simultanément à l’établissement de cette flore, une faune apparaît et se développe, participant activement à l’élaboration et à la complexification de la flore. En quelques dizaine d’années, un milieu stérile, tel qu’une ancienne coulée de lave, dénué de toute vie a ainsi pu être colonisé par toute une flore et une faune.

FLORE ET BIOTOPE

Le terme flore désigne l’ensemble des espèces végétales présentes dans un espace géographique ou un écosystème déterminé. En écologie, un biotope est un ensemble d’éléments caractérisant un milieu physico-chimique déterminé et uniforme qui héberge une flore et une faune spécifique : la biocénose.
Nous nous intéresserons donc ici à l’organisation de la flore dite en étages de végétation, que ce soit en Islande ou ailleurs, ainsi qu’aux caractéristiques de ces milieux de vie. En effet, toutes les espèces végétales sont, à un degré variable, inféodées et adaptées à un  milieu de vie particulier.

Quelques chiffres, en pourcentage de la superficie totale de l’île, donnent un aperçu des différentes proportions des milieux naturels en Islande : la végétation occupe 41.2% ; les bruyères, paysages herbés et cultivés 26.2% ; les glaciers 10.8% ; les mousses 10% ; les forêts de bouleaux 1.1% ; les zones aquatiques et marécageuses 8.4% ; les lacs et rivières : 2.3% .

Les grands principes de l’étagement de la végétation

L’altitude est un facteur écologique qui a des effets sur les communautés vivantes, surtout végétales, comparables à ceux induits par la latitude.

Depuis les plus hautes latitudes scandinaves jusqu’à celles de la France, nous pouvons observer, d’abord une zone parabiosphérique  minérale et glacée n’abritant aucune vie permanente, puis une toundra, suivie d’une taïga, pour arriver enfin à la forêt caducifoliée, en passant par une forêt boréale.

Quelques définitions :

Toundra végétation basse à croissance très lente et vivace seulement pendant une brève saison estivale, pelouses avec buissons rampants. Ce type de végétation est homogène sur toute la planète. La température moyenne du mois le plus chaud est inférieure à 10°C. La température est au-dessus des conditions de gel seulement deux à trois mois par an et les précipitations annuelles sont généralement inférieures à 250 millimètres. Cependant, le climat est humide en raison d’une très faible évapotranspiration.

Taïga : végétation ouverte avec buissons, conifères bas et, en Eurasie, bouleaux. La taïga est une zone de transition entre la forêt boréale et la toundra arctique. Le couvert forestier, dont la composition est semblable à celui de la forêt boréale, est continu mais relativement ouvert. Le climat subarctique est marqué par des étés courts et frais avec des périodes prolongées d’ensoleillement et des hivers très froids. Les températures moyennes du mois le plus chaud se situent entre 10 et 15°C, mais les moyennes minimales d’hiver peuvent descendre au-dessous de -30°C. Les précipitations sont en général inférieures à 500 millimètres par an. Les marais et leurs plantes associées sont également communs dans cette zone, qui couvre la majorité des terres intérieures du Canada, de la Scandinavie et du nord de la Russie.

Forêt boréale : forêt dominée par les conifères avec présence discrète de feuillus. En Europe, constituée de feuillus (bouleaux) et/ou de conifères, elle s’étend de la Baltique à l’Oural. Les épicéas sont les conifères dominants formant une forêt dense et sombre. Au-delà de l’Oural, le mélèze remplace l’épicéa et la forêt boréale s’éclaircit en allant vers l’est jusqu’à devenir une formation très claire, sorte de steppe arborée dans les montagnes d’Extrême-Orient. À la frontière chinoise, le long du fleuve Amour, la taïga redevient plus dense et plus variée.

Cinq facteurs caractérisent les aspects les plus contraignants de la vie en altitude :

La température : elle s’abaisse avec l’altitude, ses variations entre les saisons et les différents moments de la journée sont importantes.
Les précipitations : les montagnes ont une influence particulière sur celles-ci.
La neige : ses effets sont antagonistes, positifs (réserve d’eau…) et négatifs (avalanche, reptation…).
Le vent : il agit sur la physiologie et la morphologie des êtres vivants.
L’exposition des versants : elle entraîne des différences d’ensoleillement et d’humidité.

Ces facteurs régissent la distribution de la vie le long des pentes montagnardes, déterminant des bandes schématiquement horizontales, aux frontières diffuses, caractérisées par des associations végétales et animales.

En zone tempérée, notamment dans les Alpes, se distinguent ainsi cinq grands étages altitudinaux de végétation. 

2.1.1 Etage des collines

Cet étage, se situe jusqu’à 1300 mètres. Il est parfois séparé en étage dit planitaire jusqu’à 800 mètres. Sa période végétative, longue, est de 9 mois minimum, et sa température moyenne annuelle avoisine les 15°C. Quant à sa végétation, le climax majeur de cet étage en France, c’est-à-dire le type de végétation en équilibre si on n’intervient pas sur la nature, est constitué de chênaies. C’est aussi le principal domaine où sont établis les divers agrosystèmes.

2.1.2 Etage montagnard

On le trouve de 1300 à 1800 mètres, pour une période végétative d’environ 7 mois et une température moyenne annuelle de 8 à 15°C. Sa végétation est constituée de forêts riches en dryades, hêtres, sapins, épicéas.

Sur de nombreux points, et particulièrement ceux concernant les cortèges floristiques, cet étage rappelle la taïga du sud de la Scandinavie.

2.1.3 Etage subalpin

Cet étage se rencontre de 1800 à 2400 mètres, et permet une période végétative de 5 mois maximum, à une température moyenne annuelle inférieure à 8°C. Sa végétation est constituée de forêts morcelées, dont les arbres occupent uniquement les espaces qui leur sont très favorables (pessières, mélézins…). Les cortèges floristiques s’enrichissent caractéristiquement de diverses éricacées.

Les taïgas médio scandinaves, jusqu’un peu au-delà du cercle polaire, offrent quelques ressemblances avec cet étage, surtout au niveau des tapis fruticéens.

2.1.4 Etage de combat

Il illustre les difficultés que connaissent les arbres pour se maintenir à de telles altitudes. C’est typiquement la limite entre étages subalpin et alpin, où les arbres ont de réelles difficultés pour se maintenir. On le rencontre à une altitude comprise entre 1800 et 2400 mètres, avec une période végétative de 3 à 4 mois à la température moyenne annuelle inférieure à 4 °C, température limite en deçà de laquelle les arbres ne survivent pas. A cet étage, la présence d’arbres suggère fortement la présence de microclimats plus « tempérés ». Les fruticées et les landes y sont bien développées (Rhododendrons).

Cet étage est très semblable au domaine qui fait la transition entre les taïgas du nord et la toundra.

Etage alpin

Cet étage se rencontre de 2400 à 3000 mètres et connaît une courte période végétative de 2 à 3 mois, à la température moyenne annuelle inférieure à 3°C. En été, la moyenne journalière est bien souvent inférieure à 10°C. A n’importe quel moment de l’année, il peut faire froid, geler ou neiger abondamment, même en été. En ce qui concerne sa végétation, les cortèges floristiques de l’étage alpin forment une toundra alpine.

La toundra alpine est fort semblable à la toundra arctique, avec  un climat très comparable.

2.1.6 Etage  nival

Ce dernier étage se trouve au-delà de 3000 mètres, si bien que sa période végétative est très courte, car c’est le domaine des neiges éternelles et du minéral. Seules quelques plantes à fleurs très adaptées subsistent à cette altitude (Edelweiss, Génépi), mais les mousses et lichens y sont prospères.

2.1.7 Quelques adaptations développées dans les milieux de froid extrêmE

Les plantes de l’étage nival, qu’elles poussent en altitude ou dans les hautes latitudes, présentent des adaptations remarquables, surtout au froid et à la très courte période végétative qui leur est imposée : le nanisme, conséquence du très fort ensoleillement et/ou richesse en UV caractéristiques de la haute montagne, mais aussi des ports prostré ou en rosette, bonnes adaptations à l’enneigement.

Une autre adaptation est la succulence : les plantes, en se gorgeant dans leurs tissus d’eau très concentrée en sels dissous, abaissent leur point de congélation de l’eau, si bien qu’elles résistent plus facilement au gel.
Beaucoup de plantes ont des feuilles sombres grâce à des pigments, les anthocyanes, ce qui leur permet de mieux capter la chaleur. Pour en limiter les pertes, beaucoup de plantes sont couvertes de poils blancs isolants.
Les plantes montagnardes sont également des plantes essentiellement vivaces, c’est-à-dire qu’elles ne consacrent qu’une faible partie de leur énergie à produire des graines, contrairement aux plantes dites annuelles. Ces dernières ne représentent ainsi que 5% des plantes de montagne. Ceci peut s’expliquer par la faible probabilité qu’une graine remplace une plante dans la station qui lui est favorable, en raison des conditions climatiques qui règnent en montagne. En effet, tout concourt à ce que les graines soient arrachées et entraînées vers le bas, loin de l’endroit où elles auraient dû germer : vent, neige, pluie, coulées de solifluxion, etc. Ces plantes vivaces disposent d’un pied et d’une durée de vie suffisamment longue pour espérer que certaines de leurs graines auront germé, mais surtout, beaucoup d’entre elles sont capables de se reproduire de façon végétative au moyen de stolons et propagules. Certaines saxifrages se reproduisent exclusivement de cette façon. Mais bien que les plantes de montagne comptent sans doute davantage sur l’efficacité d’une reproduction végétative, elles n’en fleurissent pas moins et plus encore, offrent aux insectes et aux papillons, de très parfumés et très attirants périanthes. Il est vrai que le temps de la belle saison est compté et en montagne, tout doit aller vite et demeurer efficace.

Créer son association

Petite explication

Toutes les lignes que vous lirez dans cette section sont là pour vous aider à vous poser les bonnes questions et à créer votre association; pour en savoir plus, procurez vous, comme nous l’avons fait, et c’est d’ailleurs de là que sont tirées toutes ces informations, le petit livret « Créer son association »fourni par la Mairie de Paris. Si vous êtes étudiant, la maison des associations (ou équivalent) sur votre lieu de formation pourra certainement vous procurer un guide pour l’aide à la création d’une association. En attendant, voici un maximum d’informations pour vous aider dans votre démarche de création d’association.

Quelques chiffres

  • Depuis l’origine de la loi de 1901, plus de 150 000 associations ont été déclarées à Paris.
  • Environ 40 000 d’entre elles estimées actives aujourd’hui.

La loi de 1901, centenaire et sans une ride

Le premier article de la loi de 1901 donne le ton en définissant l’association comme « la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ». L’association est donc un contrat qui engage mutuellement ses membres et, à ce titre, elle est régie par les principes généraux du droit applicables aux contrats et aux obligations.

Cette loi autorise un extraordinaire espace de liberté pour définir le fonctionnement de l’association. C’est sans doute la raison de son succès… et de quelques dérapages, peu fréquents mais très médiatisés (enrichissement personnel des dirigeants, sectes…). L’arbre ne doit cependant aps acaher la forêt. L’immense majorité des associations poursuit des buts généreux et désintéressés. A chacun d’être vigilant pour préserver le fragile équilibre de la liberté associative!

Quelques questions à se poser avant d’opter pour la forme associative

  • Un objectif commun avec une ou plusieurs personnes qui souhaitent s’engager de façon bénévole?
  • Le but est-il permanent? Même si la durée de l’associationn’est pas forcément illimitée, car elle peut être dissoute.
  • Le but de l’association est-il licite? Ne pas troubler l’ordre public et ne pas enfreindre la loi! ‘tention…
  • Souhaitez-vous générer des bénéfices et surtout les partager avec les autres membres? Les bénéfices générés par l’association doivent être intégralement consacrés à l’objet social de l’association. Sinon il faut fonder une société commerciale!
  • La gestion de l’association est-elle désintéressée?

Intérêt d’une association déclarée

  • agir en justice pour défendre les intérêts de l’association;
  • acheter et administrer des bien, acquérir un local (pour les réunions, l’administration, ou pour accomplir l’objet statutaire);
  • faire protéger le nom de l’association (si celui-ci n’est pas déjà déposé);
  • signer des contrats: ouvrir un compte en banque, embaucher des salariés, osuscrire un contrat d’assurance…;
  • percevoir des ressources: cotisations, emprunts, subventions…;
  • réaliser des actes commerciaux et des bénéfices (à condition que cela soit prévu dans les statuts)

En bref, excepté la possibilité de recevoir des dons et des legs, elle confère un statut juridique confortable pour la grande majorité des opérations !

Comment déclarer son association?

Passage obligé si vous désirez donner à votre association une existence juridique, la déclaration se fait à la préfecture du département du siège social. Pour Paris, tout se joue à la préfecture de police. La déclaration est faite par ceux qui, à un titre quelconque, sont chargés de l’administration ou de la direction de l’association.

Quels documents ?

  • Les statuts datés et signés par au moins deux des administrateurs (2 exemplaires);
  • Le formulaire de déclaration (2 exemplaires, voir modèle);
  • Une demande d’insertion au Journal Officiel (la préfecture tient à votre disposition un modèle, le « modèle A », accompagné d’une note explicative);
  • Une attestation justifiant l’établissement du siège social.

Et après

Dans un bref délai après le dépôt du dossier, la préfecture vous adressera un récépissé daté et signé. Attention! ce document ne fit que constater la déclaration. Il ne correspond pas à un examen des statuts.

Même si l’objet de l’association était illicite, la préfecture serait tenue de vous délivrer ce récépissé. Sauf si vous avez préféré le faire vous-même, la préfecture se charge de transmettre la demande d’insertion au Journal officiel. Celui-ci vous envvera alors dans un délai d’un mois le justificatif de l’insertion.

Modèle de déclaration initiale à la préfecture

Monsieur le Préfet,

Nous avons l’honneur, conformément aux dispositions de l’article 5 loi du 1er juillet 1901 et de l’article 1er de son décret d’application du 16 août 1901, de procéder à la déclaration de l’association dénommée (titre de l’association tel qu’il figure dans les statuts), dont le siège est à (adresse du siège social).

Cette association a pour objet (reproduire l’article des statuts relatif à l’objet ou le but de l’association)

Les personnes en charge de son administration ou de sa direction sont :
M. …… (nom et prénom), né à ………, le…………., de nationalité………, domicilié à …….., exerçant la profession de ………., Président ;
M. …… (nom et prénom), né à ………, le…………., de nationalité………, domicilié à …….., exerçant la profession de ………., Trésorier  ;
M. …… (nom et prénom), né à ………, le…………., de nationalité………, domicilié à …….., exerçant la profession de ………., Secrétaire  ;

Ci-joint deux exemplaires, dûment approuvés par nos soins, des statuts de l’association.

Nous vous demandons de bien vouloir nous délivrer récépissé de la présente déclaration.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de nos considérations distinguées.