VOLCANISME ET GENESE DES PAYSAGES ISLANDAIS

La très grande diversité des paysages islandais qui frappe tant les touristes et qui semble être responsable, en partie du moins, de l’attrait pour les voyageurs de ce petit bout de terre émergé d’à peine 100 000 km² est la conséquence directe d’une intense activité géologique.

En effet, prairies, marmites de boue bouillante, glaciers, montagnes, déserts… résultent de la transformation d’une matière, omniprésente dans les profondeurs de la Terre et qui affleure en surface à l’occasion d’une éruption volcanique : le magma.

Dans cette première partie, nous tenterons de démontrer comment le magma sous l’influence d’une multitude de paramètres a permis de façonner les terres et la végétation islandaises et lui offrir une telle diversité de paysages. Nous étudierons aussi les conséquences du volcanisme au travers de différents exemples

Le volcanisme – Généralité

Avant d’aborder le géologisme spécifique de l’Islande, il convient de faire quelques précisions succinctes quant au volcanisme et aux phénomènes associés

Le volcanisme de dorsale

Une dorsale est une zone de la croûte terrestre où deux plaques tectoniques s’écartent. En 1960, Harry Hammon Hess développe le modèle de la tectonique des plaques permettant d’expliquer l’histoire géologique de la Terre. Sept plaques tectoniques sont animées de mouvements les unes par rapport aux autres : elles se rencontrent, s’éloignent (rift) formant ainsi les irrégularités de la croûte terrestre comme les montagnes. La figure 1 présente ces plaques et leurs mouvements.

Au niveau des dorsales, se créée la lithosphère (la partie supérieure de la Terre) par remontée de magma, l’activité volcanique qui en résulte est caractérisée de volcanisme de dorsale.

Le volcanisme de point chaud

Un point chaud est un endroit de la Terre où se produit une remontée de grandes quantités de magma provenant de la limite noyau-manteau contribuant à la formation de volcans. La figure 2 présente une coupe de la Terre et localise le manteau et le noyau par rapport à la lithosphère.

On considère que les points chauds sont fixes et que ce sont les plaques qui se déplacent par rapport à eux.

Cas de l’Islande

L’Islande est un cas spécial. L’île est située sur le rift médio-atlantique qui est une immense fracture de la croûte terrestre séparant les plaques tectoniques Nord-américaines et Eurasiennes. Ce rift s’étend du nord au sud séparant ainsi l’île en deux. L’Islande est donc à la fois américaine et européenne. La plaque continentale qui porte l’Amérique du Nord s’écarte progressivement de la plaque européenne au rythme de 1 cm par an de chaque coté : l’Islande s’agrandit. C’est sur un axe nord-est/sud-ouest que l’on retrouve le plus grand nombre de manifestations volcaniques. C’est également dans ces zones que se produisent le plus de séismes.

Il se produit une éruption tous les 5 ans en moyenne. L’écartement des plaques induit un volcanisme de dorsale. L’Islande est la plus grande île qui relève de la dorsale : on dit que l’Islande est la partie émergée de la dorsale atlantique.

Mais il y a aussi en Islande un volcanisme de point chaud, et cela est bien la particularité géologique de l’Islande. Il y a en fait superposition des deux types de volcanisme, ce qui explique que c’est ici que se répand le plus grand volume de magma sur la surface de la Terre.

On pense que le début de l’élévation de l’Islande remonte à 25 millions d’années. Les roches les plus anciennes trouvées datent d’il y a 13 à 14 millions d’années.