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L'additif SNOMAX(TM) améliore le rendement des canons à neige, en dépit de possibles effets sur la santé et l’environnement. |
| 02/12/07 - Ecrit par Nicolas Tavernier. |
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Les Gets, "La boule de gomme", à 2 années d'intervalle. De gauche à droite : Noëls 2004 et 2006. Photo : N. Tavernier. |
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Les professionnels de la montagne l’affirment, depuis une quinzaine d’année les chutes de neige se raréfient. En effet, au fil des années, les stations de ski ont enregistré une diminution significative de leur enneigement : en hiver la nature rechigne de plus en plus à faire tomber la neige. La raréfaction de l’or blanc est lourde de conséquences pour les stations : des saisons réduites, une fréquentation limitée entraînent des problèmes économiques importants : faillite du commerce et de l’hôtellerie, licenciement, chômage… L’hiver dernier de nombreuses stations n’ont pas eu l’occasion d’ouvrir les pistes plus d’une ou deux semaines. Ce fut le cas d’Habère-Poche ou d’Abondance, toute les deux situées à moins de 1200m d’altitude. Les stations installées sur les hauteurs (plus de 1500m d’altitude) comme Avoriaz, la Plagne ou les Arcs ont tout de même réussi à sauver leur saison mais à quel prix… |
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L’installation massive de canons à neige dans l’ensemble des stations européennes fut la principale réponse des directions techniques des stations. Les canons à neige sont délicats à installer en montagne et onéreux. Les processus de fabrication de la neige sont cependant parfaitement maîtrisés et très efficaces. Très simplement : un mélange eau/air à basse température est propulsé sous pression, l’eau sort à toute vitesse des canons sous forme de micro-gouttelettes qui retombent au sol, cristallisées en neige grâce au froid hivernal. Mais très vite, ces techniques classiques de nivoculture n’ont plus suffit. En effet, non seulement il y a moins de neige l’hiver mais en plus il y fait chaud, beaucoup plus chaud qu’à l’époque de l’installation des premiers canons. A tel point que certains massifs montagneux, très bien équipés, ne peuvent plus produire le moindre flocon artificiel simplement parce que les températures chutent trop rarement au dessous de 0°C, température maximale de formation des cristaux de glace. |
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| Canon à neige à Mölltaler Gletscher, Autriche. Photo : Wolfgang Pribitzer Priwo. |
Divers innovations sont venues perfectionner les techniques de l’enneigement artificiel : l’ajout d’additif en est une. L’additif le plus utilisé est distribué par le numéro un de la nivoculture la société York Snow, il s’agit du très controversé Snomax et ses hypothétiques effets sur la santé et l’environnement font l’objet de la suite de cet article. Produire de la neige lorsque la température extérieure monte jusqu’à 4°C c’est possible grâce au Snomax. Pour comprendre son mode d’action, original, une analyse de sa fabrication et de sa composition est indispensable. |
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En 1975, Steven Lindow, chercheur à l’université du Wisconsin (USA) découvre une protéine dotée d’une activité étonnante : l’enzyme oriente les molécules d’eau et favorise leur cristallisation. Cette enzyme, dénommée INA (Ice Nucleating Activity) se trouve dans la membrane de Pseudomonas syringae, une bactérie vivant naturellement sur les feuilles des végétaux. Le pouvoir cryogène de la protéine est ainsi mis à contribution dans la lutte contre le manque de neige en constituant le principe actif du Snomax.
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| Bactérie Pseudomonas syringae vue au microscope électronique.
Photo : Gordon Vrdoljak, Electron Microscopy Laboratory, U.C. Berkeley |
En effet, l’épandage massif d’un agent biologique et de son milieu de culture dans l’environnement ne pourrait il pas avoir des conséquences sur l’équilibre écologique ? Et qu’en est il de la santé des personnes manipulant de Snomax et celles exposées aux panaches des canons ? A la demande du fabriquant et des stations, plusieurs études ont été menées dans différents pays afin de mesurer l’impact de l’emploi de cet additif sur la santé et l’environnement. L’impact du Snomax sur l’environnement a été étudié par l’équipe de Françoise Dinger du CEMAGREF de Grenoble en coopération avec l’INSA de Lyon et l’Université de Turin (Italie). Cette étude visait à vérifier l’action de l’agent cryogène sur la végétation. Trois campagnes de mesures ont été réalisées entre 2001 et 2003 dans deux stations : Valloire en France et Antagnod en Italie. Dans chaque station, les chercheurs ont comparé l’état de la végétation sur les pistes enneigées ou non au Snomax. Quelques différences ont été mises en évidence : la végétation semble avoir plus de facilité à proliférer là où il y a eu du Snomax. N’oublions pas que le Snomax est principalement constitué de lysat bactérien, l’important apport en azote (contenu dans les acides aminés) peut expliquer cette observation. Cette fertilisation est tout de même assez faible et il n’est pas évident qu’elle soit exclusivement induite par l’additif. En outre, le fait que le Snomax soit constitué du milieu de culture de P. syringae présage également un danger. L’eau utilisée pour la nivoculture provient très souvent de ruisseaux peuplés d’une myriade de micro-organismes. Ces microbes, potentiellement pathogènes (entérocoques fécaux, colibacilles…) trouvent avec le Snomax un milieu favorable à leur multiplication. Là se pose la problématique de l’apport en masse de micro-organismes vivants dans l’environnement, source de déséquilibre écologique.
SOURCES : Neige de culture et Snomax : quels impacts sur l’environnement ?, 2004, CEMAGREF, Université de Turin. Kullman G., Respiratory Disease Hazard Evaluation and Technical Assistance Program, 1993, NIOSH, US Department of Health and Human Service, Morgantown, West Virginia, Rapport N° HETA 89-348-2295. Brillaud A-M., Luez A., Rodicq M., Neige de culture et Snomax : quels impacts sur la santé ?, 2005, Ecole de la Santé Publique de Renne. Féraille E., Note du 29/09/2004, FRAPNA 74. |
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Le lac Baïkal : production d'énergie hydroélectrique, et nécessité d'une gestion responsable sous peine de graves conséquences écologiques. |
18/02/2007 - Ecrit par Tatiana Sinitsyna - RIA Novosti. Article publié sur http://www.notre-planete.info |
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur |
Le ministère russe des Ressources naturelles se penche actuellement sur la baisse du niveau du lac Baïkal (Sibérie orientale). Un groupe d'inspecteurs, avec à sa tête Oleg Mitvol, directeur du Service fédéral de contrôle de l'exploitation des ressources naturelles (Rosprirodnadzor), tente d'éclaircir les raisons de ce phénomène. |
Le niveau du Baïkal a commencé à s'abaisser en octobre dernier, il diminue depuis à une vitesse de 12 à 15 cm par mois. Les spécialistes constatent que, pour l'instant, les indices de baisse du niveau de l'eau ne sont pas les plus bas jamais observés. Mais, malheureusement, le processus se poursuit. Selon les prévisions, l'indice critique (+456 m par rapport au Pacifique) pourrait être franchi d'ici mars-avril. La vitesse à laquelle le niveau de l'eau du lac baisse se répercute déjà sur l'écosystème et assèche les frayères des poissons du Baïkal, uniques en leur genre, dont 27 espèces sont endémiques (parmi eux, l'omoul, un poisson de la famille des salmonidés). En outre, le refroidissement rapide de l'eau tue les oiseaux. Ce phénomène est particulièrement dangereux à l'embouchure l'Angara (le seul cours d'eau qui sort du lac), qui est une zone-clé du point de vue ornithologique. En temps normal, l'embouchure de l'Angara ne gèle jamais, c'est pourquoi les oiseaux y ont élu domicile. Mais si le niveau du lac diminue considérablement, l'embouchure de l'Angara se couvre de glace, causant la mort de milliers d'oiseaux. "Je me souviens d'un cas où le niveau s'était tellement abaissé que l'embouchure de l'Angara avait gelé, et les écologistes avaient dû s'employer pour sauver les oiseaux", raconte Lia Sandanova, experte du Centre environnemental régional. Ce sont les hydro-énergéticiens qui sont pointés du doigt. "D'après les premières informations, il y a un an, durant l'automne-hiver 2006, le niveau du Baïkal était plus haut que jamais. Il semble que quelqu'un se soit permis de faire passer davantage d'eau à travers les centrales hydro-électriques de l'Angara, propriété de la société Irkoutskenergo, a indiqué Oleg Mitvol à RIA Novosti. Sinon, comment expliquer le fait que la production d'énergie électrique se soit accrue de 17% ces trois derniers mois? Il en résulte que, bien que l'année 2007 n'ait pas été marquée par une sécheresse particulière ni par des anomalies climatiques substantielles, le niveau du lac a tout de même commencé à diminuer à partir de l'automne". Mais que signifie "faire passer davantage d'eau", comment cette action se traduit-elle sur le plan financier ? Il y a bien la loi fédérale "Sur la protection du lac Baïkal" et l'arrêté du gouvernement russe "Sur les limites du niveau du Baïkal dans le cadre de l'activité économique ou autre". Le Service central d'hydrométéorologie s'oppose également à toute baisse du niveau du Baïkal au-delà des limites établies, car le climat change de manière imprévisible, et la sécheresse est toujours un risque en été. Mais en prenant le risque de contourner les interdictions en prélevant un peu plus d'eau du Baïkal (il en contient plus de 23 500 km3), on peut produire, gratuitement, un impressionnant volume d'énergie électrique supplémentaire. La tentation est immense. "Grâce à un écoulement d'eau plus puissant au cours du premier semestre 2007, Irkoutskenergo a produit beaucoup d'énergie bon marché, mais nous nous heurtons à présent à des problèmes sur le site exceptionnel que constitue le lac", a résumé Oleg Mitvol. Les circonstances de l'incident se dévoilent peu à peu. Des requêtes ont été adressées à Rosvodoressoursy (organe du pouvoir exécutif chargé des ressources d'eau) pour établir quelle quantité d'eau avait été libérée par la centrale hydro-électrique d'Irkoutsk entre 2006 et 2007. On a ainsi demandé à Irkoutskenergo à combien s'élevait sa production d'énergie hydro-électrique en 2007. Une demande a également été adressée au gouvernement: le fait est qu'il est interdit, sans son autorisation, d'abaisser le niveau du Baïkal en-dessous de 456,28 m. Certes, le facteur climatique est également étudié, notamment les conditions atmosphériques des régions avoisinant le Baïkal et qui sont concernées par l'écoulement. Mais il est peu probable que l'on parvienne à faire retomber toute la responsabilité de la disparition de l'eau du Baïkal sur les "caprices de la nature". Arkadi Tichkov, vice-directeur de l'Institut de géographie de l'Académie russe des sciences, a fait part de son point de vue sur la question: "Le fleuve Selenga qui passe par la Mongolie et se jette dans le lac peut également influer sur le niveau du Baïkal, de même que les précipitations. Mais cela n'entraînera pas une situation critique: le système du Baïkal est inertiel, il possède un grand nombre de facteurs naturels qui sont en mesure d'assurer une stabilité en la matière. A mon avis, la responsabilité principale dans la baisse du niveau du lac incombe certainement aux énergéticiens qui se permettent de changer arbitrairement le régime d'exploitation de l'eau du Baïkal". En vidant le Baïkal comme un étang, les énergéticiens réalisent un bénéfice qui leur permet de payer n'importe quelles amendes. "Chaque centimètre d'eau du Baïkal correspond à un tiers de km3 d'eau, ce qui équivaut à 200 mW, a souligné Oleg Mitvol. Par ailleurs, une bonne partie de l'énergie produite par les centrales hydro-électriques de l'Angara est destinée à l'exportation, avant tout, vers la Chine. Si certains fonctionnaires avaient eu carte blanche, ils auraient entièrement vidé le Baïkal". |











